Vous êtes maintenant officiellement en attente du stage d’adaptation? Félicitations. A l’année prochaine! (ou presque)

Votre dossier est complet au RCMC et au CMQ, vous avez sué sang et eau pour rassembler tous les documents requis, vous êtes désormais pour le collège des médecins officiellement en attente du stage d’adaptation. Voici quelques informations relatives à la période, parfois longue, avant de débuter le stage.

  • Alors, combien de temps avant de pouvoir débuter mon stage?

Le délai d’attente pour le stage est un sujet sensible, et le collège des médecins ne communiquent pas sur le sujet.

Vous êtes en fait en attente qu’un professeur de clinique accepte de vous superviser pour 13 semaines. Il n’y a pas tant de places que cela, car vous prenez la place habituellement occupée par un résident (un interne), et les résidents sont bien évidemment prioritaire.

Hors la connaissance du temps d’attente est une donnée indispensable pour s’organiser un minimum, tant au travail (démission, prise de disponibilité, bon timing pour insulter son chef juste avant de partir) que dans sa vie personnelle (préavis ou vente d’un logement, bon timing pour insulter sa belle mère juste avant de partir…)

Le Collège ne vous avertira de la date de stage que 4 mois avant environ…A peine le temps de se plonger dans les démarches (encore…toujours…) pour obtenir un visa temporaire de travail. Une fois la date fixée, cela sera la course.

Un mini sondage réalisé chez les médecins qui ont fait leur stage permet de dégager quelques tendances:

Si vous êtes médecin généraliste, mauvaises nouvelles: Le délai d’attente est actuellement supérieur à 12 mois et souvent plus proche de 18 mois. Il se murmure que cela serait la conséquence du nombre de résident en médecin familiale qui aurait fortement augmenté. Ainsi des généralistes qui ont complétés leurs dossiers en Mars 2011 ont commencé leur stage en Mai 2012. Les délais vont hélas en s’allongeant, et il est plus que probable que votre stage ne sois prévu que pour 2014 si vous déposez votre dossier maintenant.

Si vous êtes spécialiste, bonne nouvelle cela peut-être  plus rapide. Certaines spécialités comme la psychiatre avait au printemps 2012 des délais records ( les 4 mois incompressibles), la plupart des spécialités semblent tourner autour de 8 mois d’attente, approximativement.

  • Ou est ce que je vais faire mon stage? Est ce que je peux choisir le lieu du stage?

Pas de choix possible, le lieu du stage vous sera imposé. Vous pourrez être affecté à Montréal, mais aussi dans une région (très) éloignée, comme en Abitibi-Temiscamingue. De toute façon il est peu probable que vous décrochiez un PREM dans la région de Montréal par la suite.

  • Le collège des médecins va s’occuper de mon dossier d’immigration? J’en ai enfin fini avec les démarches administratives?

Absolument pas. Vous rêvez. Le collège des médecins vous fournira un sésame, « l’avis positif sur le marché du travail », mais c’est bien tout. A votre charge la suite des démarches pour obtenir un visa temporaire de travail, comme n’importe quels autres travailleurs. Les démarches sont là aussi assez complexes et demande de l’organisation et de la persévérance.

Courage, plus que quelques papiers à remplir avant d’obtenir votre visa de travail!

Vous pouvez consulter cette section du site de l’ambassade du Canada pour la marche à suivre.

Vous allez devoir passer vous et tous vos accompagnants une visite médicale (je détaillerai ça dans un prochain billet), et payer des frais (440€ pour une famille avec deux enfants).

Au niveau des délais, comptez 15 jours après la réception de votre dossier à l’ambassade pour recevoir votre « invitation à passer la visite médicale », préalable indispensable avant de pouvoir prendre un rendez vous chez un des quelques médecins agrées par l’ambassade, puis encore 3 à 4 semaines avant de recevoir par mail votre visa temporaire de travail une fois que le médecin aura fait parvenir votre dossier.

Astuce: si au bout de 10 jours ouvrés vous n’avez toujours pas reçu votre Invitation à la Visite Médicale (IVM pour les intimes), envoyez un mail à paris-im.visiteur@international.gc.ca, en précisant dans l’objet: URGENT PERMIS DE TRAVAIL  avec votre nom, prénom, date de naissance, et votre situation en deux mots. Réponse rapide garantie.

  • Mon conjoint qui m’accompagne peut-il travailler pendant mon stage? Mes enfants peuvent-ils aller à l’école?

Sans résidence permanente, le conjoint accompagnant ne peut travailler que si le permis de travail est émis pour au moins 6 mois. L’ambassade vous donnera un permis de travail de 5 mois. Votre conjoint ne pourra donc pas travailler au Québec durant le stage. Mauvaise nouvelle, donc. Lorsque vous serez embauché par un hôpital, le permis de travail sera de 3 ans, plus de problème donc par la suite.

Les enfants peuvent eux, à partir de l’école primaire, bénéficier d’un permis d’études et pourront être scolarisés. Mauvaises nouvelles pour eux aussi, donc.

  • Suis-je couvert par une assurance maladie pendant le stage? Ma famille est-elle couverte?

Oui, tous les membres de votre famille qui ont obtenu un visa avec vous auront leurs cartes soleil (équivalent de la carte vitale) et pourront bénéficier des soins gratuits, mais il y a plusieurs restrictions:

  1. Il y a un délai de carence de 3 mois, SAUF si vous amenez la preuve que vous êtes désaffiliés de la sécurité sociale française. A vous de voir si vous voulez le faire (cela dépend beaucoup à mon sens de si vous comptez revenir en France après le stage).  Il faut pour cela demander le formulaire formulaire SE-401-Q-09bis à la sécurité sociale. Si vous ne souhaitez pas vous désaffilier de la sécurité sociale, prendre une assurance privée et, vu le cout des soins ici, plus qu’obligatoire. Comptez 30€ par mois et par personne chez ACS-AMI par exemple.
  2. A savoir si vous vous désaffiliez de la sécurité sociale: au Québec, les médicaments ne sont pas pris en charge par l’assurance maladie, et ils vous faudra prendre une assurance complémentaire, ou payer vos médicaments.
  • Suis-je payé pendant mon stage d’adaptation?

Absolument pas. Et estimez vous heureux de ne pas avoir à payer vous même votre maitre de stage. En effet, l’ARM prévoit entre autres avantages de ne plus avoir à payer nous même le stage! C’est le gouvernement du Québec qui s’en charge.  Les autres médecins étrangers eux doivent toujours payer eux même leur stage…
Le prix du stage? Oh, à peine 13000$…(1000$ par semaine)

  • Peut-on accélérer le processus pour obtenir mon stage plus rapidement?

En théorie, non. Vous êtes sur liste d’attente et le collège vous contactera pour vous proposer une date quand un maître de stage signalera qu’il a une disponibilité.

En pratique, si vous êtes parrainé par un établissement, et si  un chef de département connait un maitre de stage potentiel, il est possible qu’il lui demande de vous prendre. Le maitre de stage contactera alors le collège en demandant de vous avoir comme stagiaire. C’est arrivé. N’espérez aucun passe-droit par la suite, mais cela peux un peu accélérer l’obtention du stage.

  • Combien va me couter mon stage?

Comme je vous le disais, vous ne paierez pas de salaire au maitre de stage. Mais il faut compter quasiment 5 mois sans salaire entre le début du stage et votre première paye. Un prochain poste fera l’objet d’un budget prévisionnel pour vous aidez à vous organiser.

  • Est-ce que je fois prendre une assurance pour mon stage?

Oui elle est obligatoire, et vous devrez fournir une attestation d’assurance au collège des médecins. Elle doit être souscrite avant le début du stage à l’association canadienne de protection médicale. Niveau tarif, comptez 77$ par mois pour la psychiatrie. Je me renseigne pour les autres spécialités.

Pour les assurances professionnelles une fois que vous serez installé, comptez 3000$/an pour un généraliste prenant quelques gardes à l’urgence (1300$/an sans les gardes), 15000$/an pour un chirurgien généraliste, 36000$ pour un obstétricien.

Vous pouvez retrouver les différents tarifs d’assurance ici.

  • J’ai été contacté par Recrutement Santé Québec pour une conférence téléphonique , on va me parler de quoi?

Cette conférence téléphonique vous sera systématiquement proposé une fois que vous serez en attente du stage. Si vous lisez ce blog, vous n’apprendrez pas grand chose. On vous expliquera le déroulement et le principe du stage, et on vous donnera quelques conseils généraux. Pour le prochain billet, je vous donnerais quelques conseils pour préparer et réussir le stage.

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Logistique peu logique et autres considérations

Bienvenue dans le monde merveilleux de la vérification à la source. C’est trop choupi vous verrez.

Vous avez récupéré tous les documents requis. Vous n’avez agressé aucun agent administratif dans cette difficile quête, votre casier judiciaire est toujours vierge, félicitation vous êtes toujours candidat à l’immigration.

Il va falloir désormais photocopier conforme certains de vos documents, puis les envoyer. Un jeu d’enfant? Presque.

Photocopier conforme ses documents:

La notion de photocopie conforme n’existe plus en France.  L’administration québécoise ne doit pas être totalement au courant. Il va falloir ruser. Pour les documents qui vous ont été fournis par la faculté de Médecine, le plus simple est de demander à ce que les documents qui vous seront délivrés soient directement certifiés conforme par votre doyen. Chaque page doit être certifiée conforme. Une dizaine de fois donc. Vous étiez en bon terme avec votre doyen ? Il y a fort à parier que ce ne soit plus le cas.

En effet, chaque page doit comporter ces détails:

  • « Je certifie que cette photocopie est conforme à l’original »
  • Le nom complet, le titre (doyen donc)
  • La date
  • Signature
  • Tampon officiel

(Comme vous le constater donc, votre doyen va se régaler à certifier chacun de vos relevés de notes et autres stages d’internes)

Pour les autres documents (photocopie du passeport, authentification de photos pour le RCMC), il va falloir aller voir un  notaire ou un avocat, et payer des frais. Je vais me renseigner pour savoir combien exactement.

Il faut ensuite, avant tout envoi, créer un compte sur le site du RCMC, qui se charge donc pour le CMQ de vérifier vos documents. Le RCMC vous fournira par mail un numéro d’identification qu’il est nécessaire de faire figurer sur le formulaire que vous allez adresser au CMQ.

Une fois votre compté crée, vous allez compléter votre profil  (stage d’internat, année d’externat, année de délivrance des diplômes etc) puis demander une « Demande de vérification à source ». C’est à ce délicieux moment que vous payez les frais, de 750$. La procédure est bien expliquée ensuite: pour chaque document que vous allez faire parvenir au RCMC, il faut imprimer une page de garde avec le titre du document. Puis insérer le document. Puis tout bien ranger dans l’ordre. Pourquoi? Aucune idée. Vous êtes de toute façon arrivé à un stade où on ne se demande plus pourquoi. Une forme de résilience. Il faut aussi faire authentifier deux photos, avec une des photos qui soient certifiés conformes avec le tampon du notaire à cheval entre la photo du haut et le papier. Pourquoi celle du haut? Aucune idée, bien évidemment. Enfin, n’oubliez pas sur le site du RCMC d’autoriser le CMQ à consulter vos documents.

Expédier ses documents:

Préferez un transporteur sur pour expédier vos documents

Vous pouvez ensuite expédier vos documents au RCMC, et au CMQ. Pour cela, je vous déconseille FORTEMENT de passer par les services de la poste française puis canadienne. Poste Canadienne qui n’a rien à envier à la poste française en termes de risque de grève, de courrier perdu ou qui arrive 2 mois en retard. Passez par un transporteur privé (le moins cher est FEDEX). Le site envoyermoinscher.com vous permet d’envoyer votre pli en trois jours pour 20€ environ. Ne prenez pas le risque que vos précieuses photocopies certifiées conforme à la sueur de votre front se perdent en cours de route.

Une fois les documents expédiés, que se passe t’il?

Du côté du RCMC, la phase de vérification commence. Votre passeport et l’attestation du CNOM seront rapidement vérifiés (respectivement 1 et 2 mois environ). Pour les diplômes, probablement plus d’une année. Qu’importe, en réalité le CMQ n’attendra pas que la vérification soit terminée: dès que vos documents seront scannés et disponible sur internet, vous pourrez passer en commission.

Justement, du côté du CMQ, une fois tous les documents reçus, votre dossier sera examiné en commission (une par mois, même l’été) et si tout est conforme on vous expédiera un courrier détaillant les conditions du stage. Vous devez ensuite renvoyez rapidement ce courrier signé et daté, car avant réception de votre signature qui signifie que vous acceptez les conditions du stage, le CMQ n’engagera aucune démarche pour vous trouver un stage. Donc répondez vite. Et par FEDEX.

Que dit exactement la lettre du CMQ?

Peu d’informations nouvelles en fait, surtout si vous avez déjà lu ce blog.

Ainsi vous apprendrez que:

  • Votre permis ne vous permet d’exercer qu’en établissement de santé, là ou des postes sont disponibles en vertu des PREM. Ça, vous le saviez déjà.
  • Le stage dure 12 semaines + 1 semaine d’observation au début pour vous familiariser avec les lieux. Le stage n’est PAS un stage de formation, et on vous demandera d’avoir un niveau clinique au moins égal à un interne qui termine sa formation. Rappelez vous, les échecs au stage ne sont pas rares.
  • Vous devez souscrire une assurance responsabilité professionnelle pour la durée du stage. Je n’ai pas encore le prix de cette assurance pour les 13 semaines, je vous tiens au courant.
  • Les frais de stage sont couverts par l’organisme « Recrutement Santé Québec », et ils s’élèvent à 13345$. Le stage est bien sur non rémunéré. Je détaillerais prochainement un exemple de budget provisionnel.
  • Enfin, il vous est fourni une copie de la feuille d’évaluation que votre maître de stage devra remplir. Pour réussir le stage, vous devrez atteindre le niveau requis dans les compétences suivantes:
      • Recueil et utilisation des documents et des renseignements cliniques.
      • Connaissances cliniques.
      • Jugement clinique (décision de soins, traitement et suivi)
      • Habilités techniques et professionnelles liées à la spécialité.
      • Efficacité dans les cas d’urgences.
      • Habiletés de consultant.
      • Intérêts et activités scientifiques
      • Discipline et ponctualité
      • Communication avec le patient
      • Relations interprofessionnelles
      • Respect du code de déontologie

Jeune généraliste français attendant sa date de stage

Et maintenant? Vous êtes officiellement en attente de stage d’adaptation. Le délai minimal avant de le commencer, à supposer que le CMQ vous contacte immédiatement, est de 4 mois. Juste le temps pour vous de vous plonger dans les démarches administratives pour obtenir un visa temporaire de travail. Ça fera l’objet d’un prochain post. En réalité, impossible de connaître avec précision le délai d’attente. Le CMQ ne communique pas là dessus. Il est probablement égal à une année pour la médecine générale. Oui, une putain d’année  à attendre ce stage. Une raison de plus de s’y prendre tôt si l’aventure québécoise vous tente.

La liberté d’installation au Québec. Un billet qui parle des PREM(S)

Obtenir son permis d’exercice c’est bien, mais il vous faudra ensuite vous faire recruter par un établissement de santé.

Et le permis d’exercice que vous obtiendrez en vertu de l’ARM ne vous permettra pas d’exercer partout, loin s’en faut. A l’heure ou nous nous battions dans la rue en 2007 pour sauver la liberté d’installation à grand coup de HAKA (seuls ceux qui y été pourront comprendre), cela faisait déjà plusieurs années que la liberté d’installation n’existait plus au Québec. Il faut dire que le  Québec permet de redéfinir la notion de « déserts médicaux ».  Avec une superficie égale à 7 fois la France pour 8 millions d’habitants, la désertification médicale de certaines villes éloignées est dramatique: Peu de médecins étaient finalement tentés pour aller exercer à Sept-Iles, 25000 habitants, 1000km au nord de Montréal,  température positive moyenne de juin à octobre. On peut les comprendre.

Et à l’heure ou nos politiques s’écharpent entre le choix de l’incitatif ou du coercitif, le Québec a pragmatiquement choisi les deux. Il est intéressant de connaître la stratégie partiellement payante qui a été adoptée, pour peut-être en tirer le meilleur chez nous.

Les mesures  coercitives: On commence par ce qui fâche.Tout médecin titulaire d’un permis restrictif (comme le votre) ne peut exercer que dans un établissement ou  des places sont disponibles en vertu du Plan d’Effectif Régional Médicaux (PREM). Les PREM sont édités plusieurs fois par an, la dernière fois à l’heure ou j’écris ces lignes il y a 3 mois. Vous ne pouvez pas travailler dans un établissement « complet » sur le plan des effectifs, encore moins vous installer en cabinet. Selon les spécialités, il existe des PREM dans les grandes métropoles (Montréal, Québec ou Sherbrooke). Pour d’autres spécialités comme la psychiatrie vous devez  passer par le permis professeur pour y travailler, ces villes vous seront sinon inaccessibles.

Vous pouvez retrouver la liste des PREM pour toutes les spécialités ici, pour la médecine générale ici. Les généralistes ont accès en général aux villes universitaires, mais ils sont pris d’assaut en début d’année. Généraliste à Montréal, oui c’est possible donc. Les psychiatres, à Sept-iles. Uhuhuh. Les besoins sont loin d’être couvert, à l’heure d’aujourd’hui il reste par exemple 26 postes de médecine générale, 18 postes de cardiologie, 52 postes de psychiatrie, 38 de médecine interne, 35 de dermatologie, 12 de gastro-entérologie. La lutte contre la désertification médicale n’est donc pas terminée.

Les mesures incitatives: Elles concernent les médecins  qui auront fait le choix de s’installer dans les zones les plus désertés, et donc de combler des PREM d’établissement en « souffrance ». Cela vous concerne donc directement. Les avantages sont financiers et en nature.

  • La valorisation des actes est indexée en fonction de l’éloignement d’une grande métropole: Si à Montréal un acte est valorisé 100%, les régions les plus éloignés valorisent leurs actes à 145% pour les spécialistes et 130% pour les généralistes. Et cette valorisation augmente avec le nombre d’année passé en régions éloignées.  Autrement dit, si à Paris une consultation est à 23€, elle serait à Aurillac de 30€. En terme de salaire annuel, un généraliste gagnerait en moyenne 70.000€ annuel à Marseille et proche de  100.000€ annuel à Guéret. En réalité la cotation de base pour une consultation en médecine générale au Québec est d’environ 120$, ce qui fait 170$ revalorisé au maximum. Vous trouverez la carte du Québec indiquant la revalorisation des actes pour les généralistes ici et pour les spécialistes ici. On reparlera des salaires des médecins au Québec une autre fois, mais oui ils gagnent plus (230.000$ annuel en moyenne).
  • Prime d’installation: elle varie de 15.000$ à 30.000$ selon le déficit en médecin dans la région.
  • Prime de rétention: Elle peut vous être accordée annuellement si vous exercer une spécialité particulièrement en manque dans une région donnée. Elle est d’environ 15000$ par an.
  • Prime d’éloignement: Elle est versée annuellement au spécialiste ou au généraliste et fluctue entre 5600$ et 19000$ en fonction de l’éloignement.
  • Il existe une prime par garde de nuit ou par astreinte, uniquement pour les spécialistes: 200$ en semaine, 550$ en week-end, qui viendront s’ajouter aux actes réalisés pendant la garde.
  • 20 jours par an de « ressourcement » pour partir en milieu universitaire se former. Ces jours sont rémunérés 600$ par jours et les frais de transport sont remboursés.
  • Frais de sortie: Les frais de sortie sont remboursés à hauteur d’un billet d’avion AR entre votre région et Montréal. En fonction de l’éloignement, c’est jusqu’à 4 billets d’avions annuels qui sont pris en charge.
  • Frais de déménagement pris en charge (uniquement pour les spécialistes?)
  • Bourse de perfectionnement: Vous pouvez bénéficier jusqu’à 12 mois de formation rémunérés pour vous former ou acquérir un diplôme complémentaire.

Enfin sachez qu’après 3 ans en régions éloignées vous pourrez intégrer l’établissement de votre choix même si les PREM sont comblés!

L’ensemble des mesures incitatives est disponible ici pour les généralistes et ici pour les spécialistes.

Si on résume donc, la liberté d’installation pour les permis restrictifs n’existent pas. Vous ne pouvez exercer que dans les établissements qui ont des postes disponibles. Malgré cela, les compensations et les mesures incitatives sont extrêmement importantes. Ce n’est que mon avis, mais il y a fort à parier que de telles mesures si elles étaient mises en place résoudraient le problème des déserts médicaux, sans pour autant toucher à la liberté d’installation ou au conventionnement. Surtout que le mode d’exercice se fait en milieu hospitalier (même pour les généralistes, qui travaillent en « dispensaire). Et vous, seriez vous prêt à partir exercer dans des déserts médicaux avec de telles mesures incitatives?

L’ARM facilite elle réellement l’accès à l’exercice médical au Québec?

Pour répondre à Nfkb voici de manière synthétique les bénéfices dont les médecins français disposent depuis l’entrée en vigueur de l’ARM fin 2009:

Avant : Obtention du Permis Restrictif

Maintenant : ARM du diplôme de médecin (permis d’exercice selon l’art. 35 de la Loi médicale)

Conditions d’accès

Avoir exercé la médecine pendant 12 mois les 24 mois précédents  la demande.

Avoir exercé la médecine au moins une fois durant  les 24 mois précédents la demande

Spécialités visées

Toutes les spécialités existantes au Québec

29 spécialités sont concernées par l’ARM

Exigences envers les spécialités visées

La durée de l’internat de la spécialité en France doit être égale à celle de la spécialité au Québec : Mauvaise nouvelles, les DES de spécialité en 4 ans en France sont en 5 ans au Québec. La formation reçue pendant l’internat est évaluée par une commission.

Aucune exigence pour les 29 spécialités visées (pleinement reconnue)

Examen Requis

EECMC, ou USMLE Step 2 CK (équivalent de l’ENC)

Aucun examen n’est requis ( \o/ )

Stage nécessaire

Un stage est nécessaire. Sa durée est variable, de 3 mois à un peu plus.

Un stage de 3 mois est nécessaire. ( /o\ )

Accessibilité du stage

Délai d’attente très long. Entre quelques mois et quelques années.

Délai d’accès au stage privilégié. Durée d’attente entre quelques semaines à quelques mois selon les spécialités.

Installation

Le candidat doit être parrainé par un établissement et le permis obtenu ne lui permettra d’exercer que dans un service hospitalier déterminé. Il ne peut changer de lieu d’exercice.

Le candidat est libre de travailler dans le service de son choix et d’en changer, à la condition de respecter les PREM  (Plan d’effectif Régionaux Médicaux, j’y reviendrais) et d’être recruté par un établissement en demande.

Conversion en Permis régulier

Après 5 ans de pratique.

Après 5 ans de pratique ? Cela reste à confirmer (et à décider j’imagine).

Comme vous pouvez donc le constater, l’ARM facilite grandement l’accès à la pratique médicale au Québec. Comme vous avez pu le lire ici, l’accès n’est pas facile pour autant et demande un investissement personnel important.

Pour ce qui concerne le permis restrictif de professeur sélectionné, il s’adresse à des candidats ayant un profil universitaire (effectif ou en devenir), avec une activité qui se partagera entre soins, recherche, et enseignement. Le permis restrictif de professeur ne nécessite pas d’examen ni de stage. Une seule exigence : se faire recruter par une des 4 facultés de médecine du Québec. Plus facile à dire qu’à faire. C’est une voie, croyez moi sur parole, bien plus hasardeuse que l’ARM en terme de chance de réussite.

Pour la petite histoire, les médecins québécois qui viennent exercer en France disposent de démarches largement facilités: Ils n’ont pas besoin de stage, pas besoin d’examens, ils n’ont qu’à faire une demande au CNOM qui leur délivrera une autorisation d’exercice.  Totale. Hospitalière, libérale, ou ils veulent, quand ils veulent. Injuste hein? J’ignore pour quelles raisons exactes il est bien plus difficile d’aller au Québec que d’aller en France. Toujours est-il que malgré les obstacles, il y a plus de médecins français voulant exercer au Québec que l’inverse!

Au 1er février 2011, on comptait:

  • Un total de 75 médecins français avaient déposés un dossier complet au CMQ (30 spécialistes, 45 généralistes)
  • 15 d’entre eux avaient déjà obtenu leurs permis d’exercice (7 spécialistes, 8 généralistes)
  • 15 étaient entrain de faire leurs stages.
  • 5 médecins (tous généralistes) avaient échoués le stage. Soit un taux d’échec de…38%!
  • 36 était en attente du stage

A l’inverse, le CNOM n’avaient enregistré en tout et pour tout que…6 demandes émanant de médecins québécois désireux de découvrir notre système de santé. Ça fait réfléchir non?

Avant-propos : Celui qui introduisait le sujet.

Exercer la médecine au Canada est un rêve partagé par de nombreux médecins français. Pour diverses raisons ( je peux dire sans aucun doute que je les partage toutes ): besoin de stimulations professionnelles, envie de changer d’air, quitter la France (même si on l’aime un peu), quitter l’hôpital public, découvrir un nouveau pays, une nouvelle culture. Découvrir une autre façon d’exercer la médecine. Probablement pas meilleure, juste différente. Découvrir la Poutine (en fait non. Découvrir la Poutine au foie Gras, alors là je dis oui). Prescrire du Tylénol. (C’est quand même nettement plus classe que du Doliprane non ?)

Certains expatriés disent qu’on a tous une bonne raison de partir. Ils font ce que la pluspart d’entre nous n’ose pas faire. Tout laisser tomber, tout quitter et partir avec larmes et bagages. Mais ils le font pour une raison. Tous les émigrés ont une histoire secrète et elle leur appartient.

Ce billet n’a pas pour vocation de débattre sur le pour ou contre immigrer au Quebec. Je serais ravi d’en discuter une prochaine fois. Mais plus tard, quand j’y serais pour de bon. Est ce qu’on demande à son meilleur pote d’énumérer les pires défauts de sa toute nouvelle copine? Non? Bon.

Jusqu’à il y a peu, très peu de médécins avaient tentés l’aventure, encore moins avaient réussi : les conditions pour exercer étaient drastiques. En plus de démarches administratives interminables (Rassurez-vous : Ces réjouissances sont toujours au programme. Il y a en fait fort à parier que si vous êtes ici c’est que vous vous posez des questions ou que vous êtes en plein dedans. Sachez tout d’abord que je compatis à votre douleur et votre peine.) il fallait réussir un stage de 3 mois (Vous ne couperez pas à ce stage non plus. Ce n’est pas une partie de plaisir mais on va y revenir. En fait si : vous pouvez y couper si vous avez la chance d’être recruté sur un programme de professeur sélectionné. Je n’ai pas eu à faire le stage, donc il est probable que vous me détestiez à partir de maintenant, c’est de bonne guerre).

Il fallait également réussir un examen, l’EECMC, équivalent grosso modo à notre internat, pardon je voulais dire ENC, l’analyse d’article (à repasser) en moins. Ce qui laissait présager de nombreuses journées passées à plancher sur les fameuses VG Intermémo Toronto Notes.

Mais le Québec manque de médecin. Cruellement. La faute à un numérus clausus trop faible, un vieillissement général de la population médicale, vous connaissez la chanson. Ainsi qu’une fuite des médecins québécois vers des provinces plus hospitalières, comme l’Ontario ou l’état de New-York tout proche (Par plus hospitalière comprenez en fait comme un endroit où on se fait un peu plus de pognon). L’ironie de l’histoire, c’est que si les médecins français bavent sur les revenus des médecins québécois (Ah vous n’êtes pas encore au courant de ce détail ? Bravo, noble cœur. Bon on en reparlera), ceux-ci envient les revenus de leurs collègues Ontariens et Américains. Il parait que ces derniers rêvent en retour de connaître la qualité de vie des médecins français, mais tout cela n’est que rumeur non vérifiable (mais ça me fait bien marrer).

Bref la perspective de récupérer pour pas un rond des médecins français déjà (très bien) formés prêts à tout plaquer pour aller exercer au pays des caribous était alléchantes : Ainsi fut signé en octobre 2008 un « Arrangement de Reconnaissance Mutuelle » (ARM) des diplômes, qui facilite quelque peu l’accession à la pratique médicale au Québec. Pour ce qui nous intéresse, l’ARM pour le diplôme de médecin est effectif depuis fin 2009. Pour autant, tout n’est pas très simple. Au contraire, les démarches sont assez complexes, longues, et couteuses. L’attente désespérante. Les exigences élevées.

Ces 18 derniers mois, je me suis plongé de manière intensive dans ces démarches pour mener à bien mon projet d’immigration. Devant le manque flagrant de ressources disponible sur le sujet, je vous propose de partager avec moi les divers obstacles que j’ai rencontrés et les différentes questions que j’ai eu à me poser. Si par ce blog je permets à l’agente administrative du Collège des Médecins du Québec (CMQ) de ne plus revivre le véritable harcèlement que je lui ai imposé ces derniers mois, la bombardant quasi-quotidiennement de questions, alors j’aurais en quelque sorte payé ma dette à la société. Allez c’est parti.

Merci à @pucinelle, @T_Nenninger, et @aliceredsparrow pour la relecture.