Petite précision pour les (futurs) omnipraticiens

Comme je le mentionnais il y a quelques jours, la réforme du ministre Barrette complique fortement les choses pour les omnipraticiens français qui souhaitaient bénéficier de l’ARM.

En effet il n’y a plus de PREM accordés pour des pratiques en établissement. Le gouvernement souhaitant pousser les médecins généralistes vers une pratique de consultation de 1ere ligne telle qu’on la connait largement en France, dans des GMF ou UMF (Groupe de médecin de famille, des maisons médicales subventionnés) ou dans des bureaux de consultation plus classique.

Le problème étant que dans le cadre de l’ARM les médecins ne sont autorisés à pratiquer qu’en établissement, ce qui rend « a priori » l’obtention d’un PREM impossible.

Plus d’une dizaine de médecin francais, qui ont complétés leurs stages d’évaluation et qui sont en attente d’un PREM pour exercer sont actuellement le bec dans l’eau et bloqués car les PREM pour leurs pratiques hospitalières ont été bloqués, leurs offres d’emplois annulés,  et leurs démarches d’immigration bloqués!

Actuellement, outre une hypothétique dérogation qui a mon sens sera marginale et concerna plutôt les médecins québécois finissants, il reste l’alternative de travailler en CHSLD ou CLSC.

Voici quelques éléments d’informations recueillis pour préciser ce qu’est l’activité d’un médecin de famille en CLSC de région (merci Jean-Paul)

Le CLSC offre un profil de pratique diversifié comprenant:

  • Prise en charge de clients  en consultation
  • Visite à domicile
  • Intervention en CHSLD
  • Consultation semi-urgente en « sans rendez vous »
  • Possibilités de responsabilités administratives

La rémunération au tarif horaire intégral est aux alentours de 100$ de l’heure, prime comprises.

Si le médecin opte pour la rémunération mixte, il est payé 54$ de l’heure + 60% de la valeur des actes qu’il facture. La différence de salaire est aux alentours de 20% de plus pour le mixte des qu’on facture au moins 15 actes par jours.

En conclusion le travail en CLSC est attractif par sa variété mais moins bien payé qu’en hôpital.

Voilà donc quelques pistes d’informations. Attention donc, si vous souhaitiez venir au Québec pour exercer en pratique hospitalière, faire de l’urgence ou de l’hospitalisation, ce n’est donc plus possible pour les généralistes jusqu’à nouvel ordre.

Informations importantes sur le contexte médical au Québec…

Cela fait maintenant plus de trois ans que j’exerce au Québec et il faut bien reconnaître que le contexte actuel concernant la pratique médicale a bien évoluée depuis. Plusieurs de ces évolutions vous concernent directement, candidat à l’ARM, et toute les expliquer prendraient surement plusieurs posts.

Voici l’information la plus importante qui concerne les médecins de famille et qui est toute chaude puisqu’elle date de quelques jours à peine:

Le gouvernement vient de décider, via son ministre de la santé le Dr Barrette, de ne plus autoriser sauf exception la pratique des médecins de famille en établissement.

Hors comme vous le savez peut-être la pratique médicale du permis via l’ARM n’est autorisé qu’en établissement. 

Et la RAMQ ne paye pas les médecins ARM qui facturent hors établissement, cela a été vérifié encore récemment.

Vous comprenez la nature du problème. 

Cela vient fortement compliquer pour les médecins généralistes français la possibilité d’obtenir un PREM. Non seulement les médecins de famille ne sont plus autorisés à exercer en établissement mais 20% des médecins de famille déjà en poste devront quitter (ou ne pas être remplacé après leurs départs).

Qu’est ce qu’il reste alors?

  • La possibilité de travailler en CLSC , c’est à dire en « dispensaire » pour faire du suivi, payé au tarif horaire (avec des conditions nettement moins avantageuses, donc)
  • La possibilité de travailler en CHSLD (centre d’hébergement et de soins de longue durée) pour s’occuper des personnes âgés en perte d’autonomie. Dans les deux cas cela devient une pratique exclusive donc beaucoup moins attrayante que la possibilité de mixer les activités entre urgences, hospitalisation, consultation de suivi
  • L’hypothétique dérogation qui semble aujourd’hui complètement improbable pour les médecins français.

Donc si vous souhaitiez avoir une activité variée, faire de l’hospitalisation, de l’urgence, ce n’est aujourd’hui plus possible au Québéc pour les généralistes. Il n’est toujours pas possible de travailler dans un équivalent de cabinet médical, individuel ou de groupe.

Il s’agit d’un élément important à considérer lors de votre choix, qui va limiter votre recrutement et vous compliquer la tâche si vous n’avez pas encore un PREM.

Pour les médecins généralistes ARM déjà en poste, cela ne vous touche pas à condition de ne pas changer d’établissement.

Les spécialistes ne sont pas (encore) impactés par cette mesure si ce n’est qu’ils seront amenés à prendre en charge les lits d’hospitalisations, ce qui ne devrait pas beaucoup vous changer car cela est déjà le cas en France.

Savoir s’organiser, réussir son expatriation, préparer son stage et autres considérations

J’ai reçu ce commentaire de Bertrand ce matin, ce qui me donne l’occasion de parler des différentes étapes à réaliser une fois que vous aurez complété  votre  dossier d’ARM:

bonjour, et merci pour toutes ces informations
pneumologue,
je suis en attente du stage d’adaptation, j’ai reçu la lettre d’attente du CMQ.
J’ai une offre d’emploi pour un poste dans un hopital qui est intéressé pour m’embaucher mais personne ne sait bien nous renseigner sur l’ordre des démarches administratives concernant le permis de travail.
j’ai lu sur ce blog que le stage devait être suivi en ayant un permis temporaire de 5 mois, puis dès que le permis d’exercice était en poche, l’employeur aide à l’obtention du permis temporaire avec l’AMT et le CAQ.
Je suis sceptique sur le fait que les gens acceptent cette procédure: en couple, avec des enfants, mon mari ne pourrait pas venir avec moi ni trouver de travail pendant toute la durée du stage.
Comment les gens s’organisent pour venir et « continuer de vivre » pendant toute cette période transitoire?
Est ce que l’hopital demandeur peut aider à obtenir un visa temporaire avant la fin du stage en « anticipant » la réussite du stage?

j’aimerai pouvoir m’entretenir avec quelqu’un qui a vécu cette situation.
Merci

 

Merci de me donner l’occasion de faire me bouger le cul pour faire un post sur le Blog qui était un peu en coma dépassé sommeil.

Ok, j'ai quelques commentaires en attente de modération...

Ok, j’ai quelques commentaires en attente de modération…


Tous les médecins qui sont passés par là vous le diront. La période du stage est une sale période. Un mélange de stress de l’échec, de précarité lié à un visa trop court, souvent de difficultés financières liées à un temps d’attente pour le visa trop long, de coup de blues, qui viennent un peu entacher ce moment, qui aurait du être un peu magique,  celui de la découverte tant espérée (et tant attendue) d’un nouveau pays.

Alors quelques petits conseils, ensuite je répond à Bertrand.

Faut-il venir au Québec avant le début du stage?

Je vous conseille très fortement de venir au Québec avant de prendre votre décision d’immigrer. Si possible, une fois en hiver, pour se rendre compte ce que le climat canadien implique: tempête de neige avec des heures bloqués dans la voiture, conduite improbable sur route glacé et/ou enneigé, déneiger ou dégivrer la voiture le matin (presque tous les matins…), les jours ou on ne peut pas mettre le nez dehors tellement on se les gèle, le manque de soleil parfois ( guettez les spéciaux à Jean-Coutu sur les lampes de Luminothérapie). Le mois d’avril dégueulasse avec la neige fondue partout (la fameuse slush), ce délicieux moment ou tu mets le pied dans une flaque de neige fondue qui se revele faire 30cm de profondeur…(adieu les jolies UGG)

L’hiver est hostile, mais il est surtout trop long. Quatre mois. Quatre long mois MINIMUM. On dit souvent que les français ne résistent pas au 3eme hiver. Le premier c’est la découverte,  le deuxième parait long, interminable, et le troisième on ne peut plus (« on n’est pu capab »), on rentre. Pensez y. Vraiment.

La corvée du deneigage quotidien avant de partir travailler =)

La corvée du deneigage quotidien avant de partir travailler =)

Je vous rassure, l’hiver c’est aussi des ciels bleus magnifiques et ensoleillés (ce qui n’enlève absolument pas qu’on se les gèle sévère), le ski et les activités de plein air (mais on se les gèle), une nature magnifique et des paysages somptueux. Sans parler que l’hiver, on part dans le Sud! (Oh wait…)

Bref, pour limiter les déceptions, les envies furieuses de rentrer a la maison après le quinzième jour sans soleil alors que le thermomètre vous nargue en arborant fièrement un -20 au plus chaud de la journée, il faut venir, pour vous faire votre propre idée, faire un choix en toute connaissance de cause.

Et enfin, surtout, il faut venir pour choisir son lieu de pratique, mais je vais y revenir.

Comment planifier soigneusement son stage?

Il y a deux possibilités, deux écoles, et votre choix se fera surtout en fonction de vos capacités financières et de la possibilité de vivre sans salaire pendant 6 à 7 mois.

Comme je le disais tantôt, il faut compter entre 5 et 6 mois avant de commencer de travailler, et encore 1 mois avant d’avoir votre première paye sur votre compte en banque.

Comme tu le soulignes, Bertrand, le conjoint ne dispose pas d’un visa de travail.

Et bien oui, cela est difficile, mais ne soit pas sceptique, nous l’avons tous accepté car il n’y a aucune autre possibilité. Plus inquiétant, cette situation n’est pas la moindre des difficultés a laquelle vous serez confrontés. Galère administrative, attente interminable du visa, statut précaire d’immigrant temporaire…Une des solutions est de demander sa résidence permanente avant le départ, qui permettrait au conjoint de travailler durant le stage, mais actuellement les délais pour l’obtenir sont d’environ trois ans…rien de simple donc.

Les deux possibilités donc, j’y reviens: venir en famille ou venir seul.

Pour une famille de deux enfants, attendez vous a dépenser environ 30000€ pour couvrir la période sans salaire. Sans compter les charges qui peuvent continuer de courir en France. En venant en famille, les enfants de plus de 5 ans (révolu au 30 octobre) pourront aller a l’école. C’est toujours ça.

Une fois le stage en poche, il faudra attendre le nouveau visa de travail. Pendant 1 a 2 mois. Impossible de travailler pendant cette période, bien sur. Votre visa de stage expirera probablement entre temps, ce qui occasionnera de nouvelles difficultés, de l’anxiété et des frais supplémentaires.

Alors certains ont fait le choix de venir seul, puis de rentrer en France en attendant le précieux sésame. Les frais seront moindres. Dans les inconvénients, le délai d’obtention du visa peut être plus long et cela retarde d’autant votre pratique professionnelle (on a vu récemment des délais d’attente de 4 mois et plus).

Dans tous les cas, avant d’avoir réussi le stage, ne démissionnez pas de manière définitive de votre emploi, ne faites pas venir 50 mètres cube d’affaire. Ne prenez aucune décision trop définitive. Il existe des échecs. Vous pouvez ne pas supporter l’hiver. Soyez prévoyants.

Comment trouvez un lieu de pratique?

Votre permis d’exercice vous autorise à exercer la médecine au Québec. Mais vous n’êtes pas pour autant autorisé à travailler au Québec! Pour cela il faut vous atteler a trouver un hôpital prêt à vous employer et à vous attribuez un PREM. Il s’agit d’une démarche tout a fait indépendante de votre ARM, et néanmoins indispensable. Je vous conseille fortement de vous en occuper des que possible. De multiplier les contacts. Et de profiter d’un voyage au Québec pour rencontrer vos futurs collègues, votre lieu de pratique, discuter en personne de vos activités médicales. Sachez également que les hôpitaux ne s’engageront pas formellement avec vous avant la réussite de votre stage. Prévoyez un plan B.

Pour éviter les surprises, venez voir AVANT votre futur hôpital.

Pour éviter les surprises, venez voir AVANT votre futur hôpital.

Bon et en pratique, comment je trouve un hôpital?

Plusieurs pistes. Contactez en premier lieu Recrutement Santé Québec, qui pourra vous fournir les noms des hôpitaux intéressés par votre profil. Charge à vous ensuite de les contacter. N’oubliez pas que vous n’avez quasiment aucune chance de décrocher un poste si la discipline n’est pas prioritaire.
Vous pouvez aussi regarder la liste des PREM disponibles affichés, et contacter par mal la direction des services professionnels (la DSP), qui sera votre interlocuteur pour un recrutement. Mais attention: un PREM affiché ne veut pas dire que le PREM est effectivement disponible. En fait, cela veut assez rarement dire qu’un PREM est effectivement disponible.  Il peut être réservé pour un autre candidat. De manière générale, nous ne sommes absolument pas prioritaire. On prend ce qu’il reste. Le bouche à oreille fonctionne bien aussi pour avoir un poste. Ne jamais hésitez a m’envoyer un mail, on ne sait jamais!

Pourquoi est il indispensable de trouver un employeur, si possible avant la fin du stage?

Les démarches d’immigrations seront faites par votre hôpital. Si vous n’avez pas d’employeur, aucune démarche d’immigration ne pourra être faite. Votre projet sera alors au point mort.

L’employeur peut-il offrir un emploi à mon conjoint pour qu’il puisse travailler pendant le stage?

Non.

Et en résumé, qu’est ce que ça donne niveau délai et démarches?

Bon. On suppose que vous avez un accord avec un hôpital pour un poste. Que vous venez avec toute la famille. Prenons des dates fictives, mais réaliste. Pour l’exemple. Après une attente que vous trouvé interminable (voir plus), vous êtes prévenu courant septembre que votre stage commencera le 2 janvier. Les 4 mois ne sont pas de trop pour préparer votre départ et faire les démarches pour obtenir votre permis de travail temporaire pour le stage. Première désillusion: votre permis expire le 30 avril, soit à peine 4 semaines après la fin du stage. La mention: doit quitter impérativement le Canada avant le 30 avril vous laisse dubitatif et légèrement anxieux.
Vous arrivez une semaine avant le début du stage, pour vous remettre du décalage horaire. C’est la course en arrivant: obtenir votre NAS, votre carte de RAMQ, ouvrir un compte bancaire, inscrire les enfants à l’école. Vous n’avez pas vu passer la semaine, votre stage commence. Treize longues semaines, ou vous puisez dans vos capacités d’adaptation. Vous réussissez brillamment.

Prochaine étape: la commission d’examen du collège des médecins. Préalable à la délivrance de votre attestation de réussite du stage qui conduira à la délivrance de votre permis d’exercice. Vous avez terminé votre stage le 2 avril, mais elle n’a lieu que le 20 avril. Dix huit jours a attendre. Elle a finalement lieu. Vous recevez 48 heures plus tard votre lettre attestant votre réussite du stage. Vous devez payer maintenant pour obtenir votre permis d’exercice (700$), puis vous inscrire au collège (1200$). Une fois le permis d’exercice reçu (rapidement, en 48h) vous le faites parvenir a votre hôpital, qui lance le dossier d’immigration pour que vous obteniez votre visa de travail temporaire. Le 29 avril, avant l’expiration de votre permis actuel, un peu inquiet, vous appelez immigration-Canada. On vous conseillera probablement de demander un permis implicite, pour que vous puissiez rester en situation régulière sur le territoire. Surtout, débrouillez vous pour ne JAMAIS être une seule journée en situation irrégulière au Canada. On pourrait vous refuser toute demande de visa par la suite. N’espérez pas non plus facilement demander un visa de touriste après l’expiration du permis du stage, les douaniers refusent souvent en considérant qu’il existe un risque important de travail illégal (ce qui est pour nous un non-sens mais bon…)

Le permis implicite en poche (et plusieurs centaines de dollars hors de votre poche…oui c’est payant), vous attendez, encore, que votre permis soit délivré. Vous appelez tous les trois jours l’hôpital, pensant pouvoir faire bouger les choses, mais ils n’y peuvent rien. Votre dossier est dans une pile, sur un bureau, en attendant qu’un agent d’immigration se penche dessus…Alors vous attendez. Vous avez à ce stade quasiment regardé l’intégralité du catalogue Netflix. La grille TV de Canal-Vie n’a plus aucun secret pour vous. Vous en profitez pour avancer dans vos démarches préalables à la pratique: Inscription a la RAMQ, inscription au CMDP de l’hôpital, adhésion à une assurance responsabilité civile, contrat signé avec une agence de facturation. Problème: ça coûte cher,  et vous n’aviez pas prévu que le délai avant de travailler soit aussi long. Vous prenez rendez-vous avec la banque pour obtenir une marge de crédit (que vous obtiendrez dans difficultés).

Médecin français attendant son visa de travail. Vue d'artiste.

Médecin français attendant son visa de travail. Vue d’artiste.

Finalement, le 1er juin, l’hôpital reçoit votre AMT (Avis sur le marché du travail) et votre CAQ (Certificat d’Acceptation du Quebec). Les documents en poche, vous filez immédiatement au poste frontière le plus proche, pour faire le fameux « tour du poteau ». Vous passez la frontière aux USA, faites demi-tour, et rentre au poste frontière pour que l’on vous délivre le visa de travail. Votre conjoint peut enfin bénéficier d’un permis de travail ouvert. Vos enfants ont un permis d’étude. Vous devez encore payer plusieurs centaines de dollars (150 par personne exactement), mais vous l’avez! Vous êtes prêt à travailler dès le lendemain.

Vous travailler 14 jours, puis la date de coupure de la RAMQ arrive. Vous envoyez votre facturation, et l’agent sera viré sur votre compte 14 jours plus tard. Vous avez votre première paye le 1er juillet. Félicitation. Tout devrait être plus facile maintenant. Vous avez survécu, comme on l’a fait, à cette bonne période de…comment dire. De merde.

Est ce qu’on peut accélérer les choses?

Oui et non. Vous gagnerez du temps si la commission d’examen du collège a lieu le lendemain de la fin de votre stage. Par contre, si elle a eu lieu la veille de la fin de votre stage, vous perdrez un mois au complet en attendant la prochaine. Parfois, les hôpitaux accepte de commencer le dossier pour le visa de travail avant la fin de votre stage, pour gagner du temps. En pratique, il sera possible de sauver 2 à 3 semaines, mais l’immigration demandera toujours qu’on lui fasse parvenir la lettre du collège attestant de la réussite.

Il reste que c’est la loterie en terme de délai, même pour des personnes qui font la demande en même temps!

Quelques exemples réels:

  • Fin du stage le 9 décembre, commission le 15 décembre, visa obtenu le 26 janvier.
  • Fin du stage le 8 décembre, commission le 18 décembre, visa obtenu le 14 janvier
  • Fin du stage le 8 décembre, commission le 18 décembre, visa obtenu le 22 février
  • Fin du stage le 12 juillet, retour en France, commission le 20 juillet, visa obtenu le 10 octobre

Bon courage Bertrand. Ça en vaut le coup. Pour de vrai.

Réponses aux commentaires (partie 1)

J’avais laissé en sommeil quelques semaines (bon quelques mois, ok…) le blog, entre les vacances d’été (qui se sont surtout résumées à remplacer les collègues qui partaient en vacances l’été…) et l’activité à l’hôpital…Je reprends donc les derniers commentaires et questions les plus intéressantes qui vous apporteront surement de précieuses informations. La deuxième partie arrivera dans la semaine. Cela répond également à des questions fréquentes que l’on me pose par mail.

Et quelques photos de cet été au milieu. Quand même.

 

Le soleil se couche sur la baie Sainte-Marguerite, dans le fjord du Saguenay...

Le soleil se couche sur la baie Sainte-Marguerite, dans le fjord du Saguenay…

Bonjour,

Je suis en début d’internat et j’aimerais faire un stage (si possible validant quand même) au Québec mais je n’arrive pas à savoir si c’est envisageable ou pas. L’ARM ne concerne pas les internes, je n’ai pas trouvé de témoignages, juste des échos globalement assez pessimistes. Y a-t-il des internes français qui viennent pour un stage uniquement?

Merci pour l’éclairage et pour le site!

Il n’est plus possible de venir pendant l’internat pour un stage de clinique. Visiblement le collège des médecins ne délivrent pas ou  plus de permis d’exercice pour les internes étrangers. Venir pour un stage de recherche est envisageable et cela se fait assez couramment. La décision de valider ou pas votre stage dépend de votre coordonnateur local de DES. En général ces stages sont validés, mais il s’agit d’une décision locale au cas par cas. A négocier avant de partir donc!

Bonjour, toute nouvelle sur le blog, je ne sais pas où poster. Je passe en 4eme année de medecine, et j’aimerais devenir generaliste à Quebec. Serait il possible de faire mon internat dans ce pays? Je suis française, j’étudie en Belgique.

Pensez vous que faire l’international de MG soit possible au Quebec? Je vous remercie énormément.

 

bonjour
je viens tout juste de découvrir votre blog…a la base javais tapé sur google : « internat de chirurgie au canada ». En effet je suis en DCEM4, et viens de me planter a l’ECN (ancien concours de l’internat) et je me renseigne pour connaitre les demarches afin de me specialiser au canada en chirurgie réparatrice ou ophtalmo. Apparemment votre blog est plutot destiné aux medecins thésés qui aimeraient exercer au canada, mais auriez vous par hasard des infos sur les demarches de spécialisation pour qqun qui n’a que son csct francais en poche? auriez vous des sites récents a me recommander à ce sujet?

Merci d’avance

Salut, malheureusement il n’est pas possible de faire la résidence (mot local pour désigner l’internat…Et les résidents sont donc…les internes! Allez expliquer à des canadiens que les résidents en France étaient avant les internes de médecine générale qui n’était pas interne…J’ai abandonné après quelques tentatives…)  au Canada dans vos situations.

Il existe néanmoins 1 à 2 places par an et par faculté (il y en a quatre au Québec: Montréal, Laval aka Québec, McGill qui est anglophone et Sherbrooke) pour des médecins étrangers déjà thésés, qui ont donc terminés leurs études, et qui choisissent de recommencer entiérement leur internat pour obtenir un diplôme canadien. Les chances de bénéficier d’un tel programme son très faibles car il y a beaucoup de candidats, et cela demanderait de terminer vos études en Belgique ou en France puis de venir refaire l’internat ici. Pas completement une solution de rêve donc…

Si vous voulez exercer ici, le plus rapide est de terminer votre formation en Belgique ou en France et de tenter votre chance par la voie du Permis Restrictif ou de l’ARM.

Attention en étudiant en Belgique (ou en Roumanie ou Croatie…) on ne peut bénéficier de l’ARM, qui ne concerne que les médecins diplomés d’une université francaise. Même si vous avez par la suite passé l’ENC français, et que vous avez donc fait votre internat en France, vous ne pourrez vous prévaloir de l’ARM: il est stipulé que vous devez avoir fait l’intégralité de vos études en France.

Pour faire un internat ailleurs après l’externat, il est possible d’essayer  néanmoins d’aller en Belgique ou la Suisse. Pour les USA, il faut déjà être thésé en France puis recommencer la résidence là-bas aussi, en plus d’avoir réussi les 3 steps, équivalents de leurs PCEM1, ENC et CSCT. Dur dur.

 

Une lumière incroyable sur Québec ce jour là, comme souvent d'ailleurs...

Une lumière incroyable sur Québec ce jour là, comme souvent d’ailleurs…

Bonjour,
je viens de prendre la décision de quitter la france et d’aller exercer la médecine à l’étranger et de préférence au Canada.
Avant de prendre une décision définitive, quelles sont les modalités exactes pour pouvoir exercer la MG (avec une spé en gériatrie)?Est on rémunérer pendant les évaluations de qualifications?… je pose toutes ses questions car j’ai encore 2 enfants à charge, 50 ans et une activité rurale débordante (de 7.30 à 20h du lundi au vendredi, aptitudes des sapeurs pompiers volontaires le samedi matin, missions de coordonation dans 3 maisons de retraite, … ), 1 semaine de garde toutes les 6 semaines, …
merci pour votre réponse

Je t’invite à lire le Blog en détail qui détaille les modalités pour venir exercer au Québec. Si tu es qualifié en gériatrie via le DESC, tu pourras exercer comme gériatre. Sinon, comme médecin généraliste. Dans les deux cas, il s’agit de spécialité prioritaire, aucun problème pour venir donc. Tu seras rénuméré à l’acte, comme une activité libérale telle que tu la connais, mais avec un poste très proche des praticiens hospitaliers francais. Tu ne pourras pas exercer en bureau privé et tu travailleras obligatoirement en hôpital. Le rythme est en général beaucoup plus calme que ce que tu décris, un médecin travaille ici plutôt en moyenne de 8h30 à maximum 17h, voir un peu plus tôt, voir beaucoup plus tôt le vendredi. La qualité de vie est meilleure pour les médecins ici, indéniablement.

 

 Salut julien, d’abord merci pour ce blog très informatif et très bien foutu.
Comme aide on n’aurait pas pu espérer mieux !!! rien a voir avec les sites officiels pour ARM…
J’avais une question en lien avec ma spécialité (psy) qui j ‘ai l impression ne t’est pas inconnue :
je fini mon internat dans moins d’un an (mai 2014) et je voulais avoir ton avis sur l’evolution probable de la disponibilité des stages dans ces délais ? sont ils en train de remplir toutes les places manquantes ? d’apres toi peut on commencer certaines demarches durant son internat ? (j’ai deja passé ma these , j’attends mon dernier stage pour passer le mémoire). MERCI

Merci et content que le blog soit utile. On peut affirmer sans prendre trop de risque qu’il restera des places en psychiatrie l’année prochaine. Les postes se comblent petit à petit, surtout les hôpitaux de la proche banlieue de Montréal (impossible d’exercer sur l’ile de Montréal), mais la psychiatrie reste une discipline prioritaire et TRES recherchée. Surement encore pour  4 à 5 ans.

Il reste 88 postes de psychiatres ou pédopsychiatres disponibles, ce qui me semble globalement stable.

Tu ne peux pas faire grand chose pendant l’internat car tu dois avoir tes diplômes. Juste anticiper les démarches et te renseigner, ce qui semble déjà pas mal parti 🙂

 

Le petit village de Port au Persil, dans charlevoix, sur les berges du Saint-Laurent. Surement un des plus beaux villages du Québec.

Le petit village de Port au Persil, dans charlevoix, sur les berges du Saint-Laurent. Surement un des plus beaux villages du Québec.

Bonjour, je suis médecin psychiatre de nationalité française inscrit à l’ordre des médecins et j’exerce en France depuis 12 ans ,j’ai fait mes études de médecine générale en Algerie et la spécialité en France, ma question ; est ce que je peux prétendre à la RMC.
Merci d’avance

Bonjour, c’est quoi la RMC? L’Arrangement de Reconnaissance Mutuel (ARM) des diplômes ne s’adresse qu’aux médecins qui ont été diplômés d’une faculté de médecine francaise. Malheureusement pour vous vous ne pouvez pas prétendre à l’ARM et devez donc passer par la voie classique, plus longue et difficile, du permis restrictif.  

 

Bonjour
Encore merci pour ton blog, extrêmement instructif. Une question : les formalités au CMQ et CMC envoyées, faut il entamer les démarches auprès de l’immigration dès à présent ou attendre le stage comme le recommande le CMQ ?

Actuellement les délais pour obtenir la résidence permanente sont longs et incertains. Probablement plus de 24 mois au total, peut-être plus. Le dossier est complexe à remplir et demande beaucoup d’investissement en termes de temps et d’énergie (Vous saviez que vous deviez passer un test de Français pour le dossier de résidence permanente. Un grand, GRAND, moment de bonheur. Et j’ai eu 20/20. Pas comme certaine.)

Il parait plus sage, si vous êtes sur le point de commencer votre stage, de passer par la voie du Programme d’Expérience Quebecoise, qui permet d’obtenir le CSQ (Certificat de Sélection du Québec) automatiquement apres une année de travail au Québec (le Stage ne compte pas). Vous n’aurez alors plus que l’étape fédérale à passer, qui prend 6 à 8 mois. Vous aurez donc votre résidence permanente 18 mois après le début de votre exercice ici. L’avantage c’est que le dossier est très simple à remplir. Faites vos calculs, le choix est dépendant de votre date programmée d’exercice. Cette solution a aussi l’avantage de ne pas faire toutes les démarches pour rien si le projet canadien ne se concrétise pas.

 

Il y a des marées sur le Saint-Laurent. Si, si.

Il y a des marées sur le Saint-Laurent. Si, si.

Bonjour
J’ai envoyé hier mon dossier au CMQ en tant que généraliste mais je me rends compte en lisant plus complètement votre blog que les ATCD médicaux de mon épouse risquent de compromettre l’obtention d’une résidence permanente.
Avez-vous connaissance de cas similaires?
Merci d’avance et bravo pour votre blog qui m’a été très utile.

Bravo et félicitation pour avoir complété votre dossier. Pour votre question, tout dépend des antécédents médicaux. Seules les pathologies les plus couteuses sont refusées. Les critères sont assez mal connus, mais il y a un montant maximum de coût de santé par mois que le Québec est prêt à assumer. S’il s’agit d’une maladie chronique peu couteuse, aucun problème à mon avis. Si vous êtes en chimiothérapie ou traité par anti-TNF alpha, peu de chance d’être accepté. Un des médecins agrées par l’ambassade pourra surement vous répondre. Sachez que votre épouse n’aura pas à faire de visite médicale si elle ne travaille pas dans la santé pour votre venue en visa temporaire de travail. Par contre elle sera obligatoire pour la résidence permanente.

 

Bilan à (bientôt) un an…

Je ne parle pas souvent de moi sur le Blog. Presque jamais en fait.

Je crois que les gens qui viennent ici le font pour trouver des réponses concrètes aux questions que je me suis posés avant eux.

Mais suite à une interview récente sur France Info, qui cherchait à interroger des médecins expatriés  ou on me demandait pourquoi j’étais partis, et à la veille de mon premier retour en France, il est peut-être temps de faire le bilan de ces 12 derniers mois qui m’ont vu passer de ma vie de  confortable praticien hospitalier à celle, tant rêvée,  de médecin exerçant au Canada.

Vous en aviez rêvé? L'hiver ne vous décevra pas...

Vous en aviez rêvé? L’hiver ne vous décevra pas… (photo hiver 2013…)

C’est juste un avis purement subjectif sur cette aventure, car s’en est une, et peut-être une réponse à la seule question au final importante:

Alors, est ce que ça valait le coup?

Premièrement, je crois que je ne m’étais pas vraiment préparé aux embuches de toutes sortes que l’on doit affronter. Si vous avez été rebuté a la lecture de ce blog concernant la lourdeur des démarches, imaginez que je ne savais pas ce qui allait m’attendre et que je découvrais les étapes semaine après semaine. Cela illustre bien la théorie de l’engagement: passés un certain engagement personnel, on se dit qu’on continue, qu’après tout ce qu’on a déjà fait, ça serait trop bête de laisser tomber, peut-être si prés du but. Un peu comme quand on prend le mauvais embranchement en voiture. On sait pertinemment qu’on s’est trompé, mais on continue à rouler, parfois de plus en plus vite, juste parce qu’il y a une chance que ce soit quand même la bonne route, et que mince à la fin, on va pas refaire 20km en arrière alors qu’on est peut-être arrivé juste après cette dernière montée et ce dernier virage…

Ce matin là, je m'étais demandé un peu plus que d'habitude si ça valait vraiment le coup...

Ce matin là, je m’étais demandé un peu plus que d’habitude si ça valait vraiment le coup…

Je ne sais pas si j’aurais fait tout ça si j’avais su précisément ce qui allait m’attendre. A la réflexion, probablement pas.

J’espère que ce blog vous permettra de prendre une décision éclairée.

Car oui, ça ne s’arrête jamais: après les démarches pour le Collège des médecins, vous aurez les démarches pour l’immigration pour le stage. Ensuite les démarches pour l’immigration en permis temporaire. Puis les démarches pour pouvoir enfin exercer la médecin, régulariser sa situation dans l’hôpital qui vous emploie, puis auprès de la RAMQ pouvoir être payé…Ensuite vous devrez préparer la résidence permanente. Ça n’en finis jamais. Les nerfs sont mis à rudes épreuves.

Le stage est un sale moment.

Au mieux, il sera juste pénible car long. Votre maitre de stage vous dira que vous avez le niveau, ça se voit en une semaine, mais que voilà, bon, il faut que ça dure 13 semaines. Alors c’est long, c’est pénible, mais ce n’est pas particulièrement stressant.

Au pire, l’incertitude constante de ne pas être validé, un maitre de stage qui ne donne pas de feedback, l’inconnu pendant trois mois avant la sentence finale, parfois terrible. Et dans tous les cas, une remise en question énorme. On vous dira que c’est un bon exercice d’accepter de se faire juger par ses pairs. C’est vrai. Mais ça demande une dose d’humilité, d’adaptabilité et une capacité de résistance au stress importante.

Alors oui, cette année fut (très) stressante.

J’en ai souffert, et je commence à peine à toucher terre à ce niveau. Je ne suis pas spécialement sensible au stress, je n’ai (encore) jamais décompensé de trouble anxieux, mais ce fut parfois bien dur à gérer. Je ne me souviens pas d’avoir fait une nuit blanche à cause du travail avant le stage. Si vous êtes naturellement sensible au stress (aka vous prenez deux Effexors avec votre café le matin), faites vous aider pour gérer cette période. C’est le meilleur conseil que je pourrais vous donner.

L’expatriation ensuite.

On a tous une raison de partir. Une raison qui nous appartient, qui nous pousse a accepter de quitter ceux qu’on aime et de vivre loin d’eux. Alors oui, la famille, les amis ne sont pas là et c’est parfois difficile. Il est juste heureux que nous ayons la possibilité finançiere de pouvoir rentrer quand on le souhaite. Ou de les faire venir près de nous. Paris-Montréal reste à 6 heures d’avion. Trop long pour venir un week-end, mais pour une semaine de temps en temps…

Automne QuebecHiver QuebecPrintemps quebec

Automne, Hiver, Printemps, Ete. On vous le dira 100 fois, mais oui il y a quatre vrais saisons au Canada. Sauf cette année ou on a pas eu de printemps.

Automne, Hiver, Printemps, Été. On vous le dira 100 fois, mais oui il y a quatre vrais saisons au Canada. Sauf cette année ou on a pas eu de printemps.

Je découvre aussi la condition d’immigré.

Avec tous ce que ça implique: les difficultés supplémentaires dans les démarches administratives. Une certaine forme de précarité. Des difficultés a la banque, pour obtenir un pret. Etre résident temporaire n’est pas une condition facile.

Et puis, parfois, le regard des gens.

Et le racisme, aussi. Ce fut un choc. Rare, heureusement.

Mais c’est un bon exercice là aussi, un exercice de tolérance. Et qui fait réfléchir sur les conditions dans lesquelles nous accueillons nous mêmes nos immigrés.

Et il y a la découverte d’un nouveau pays. Au début chaque activité banale devient un moment inoubliable . Faire les courses une grande aventure. Je ne vous parle même pas de la joie (de bien courte durée…) lorsqu’il s’agira d’estimer pour la 1ere fois le tips au restaurant…

De grandes aventures vous attendent...des découvertes insoupçonnées...

De grandes aventures vous attendent…des découvertes insoupçonnées…

Oui l’expatriation est une superbe aventure, qui permet d’ouvrir l’esprit (mais ceux qui viennent ici n’ont-ils pas déjà l’esprit ouvert?), de vivre autre chose. De découvrir un autre mode de vie, une autre culture. Ne venez pas ici pour vivre comme vous vivez en France. Vous rentreriez déçu. Profitez pour vous imprégner du mode de vie canadien. On devrait tous partir vivre une année à l’étranger dans notre vie. C’est encore plus vrai pour les médecins. J’ai énormément appris depuis que je suis ici, humainement et professionnellement, et mon seul regret est de ne pas être parti plus tôt; pendant mon internat par exemple. Je suis probablement un meilleur médecin que ce que j’étais avant mon départ.

Concernant la vie à Montréal, je ne suis pas déçu. Mais je savais ce que je venais chercher. C’est une ville que je connaissais bien, que j’avais appris à aimer. La vie est belle, calme, paisible. Les gens sont (globalement) gentils, peu agressifs, et aimable. Le niveau de délinquance en tout genre est faible. La ville est propre (ce qui ferait hurler un québecois habitant ailleurs qu’à Montréal j’en suis sur, mais c’est pourtant vrai), dynamique, culturelle, bordélique a tendance marseillaise (dans le bon sens du terme. Ceux qui ont déjà vécu a Marseille me comprendront), meltingpot  de plusieurs dizaines de cultures qui cohabitent tranquillement. La qualité de vie est excellente. Je crois même qu’on peut parler de « douceur de vivre ».

Oui, bien sur, tout n’est pas parfait. Une certaine forme de psychorigidité des canadiens est parfois bien pesante. La conduite automobile est exaspérante. Même à Marseille je n’ai pas connu autant d’incivisme voir d’agressivité au volant. Certaines règles sont juste stupides, en dépit du bon sens. Je me souviens de cette contravention pour avoir traversé en dehors du passage piétons par -25°c une rue déserte. Avec une passage piéton à plus de 300 mètres. Qu »importe si il aurait fallu être vraiment schizophrène pour, à ce moment précis, marcher jusqu’au passage piéton. La leçon de morale de l’agent, pendant 10 minutes, qui vous explique, lui bien au chaud dans sa voiture et vous entrain de vous congeler sur place, que c’est TRÈS dangereux, passe mal.

Tout comme l’amende de 50 dollars.

Rien ne sera jamais parfait.

Montreal...

Montreal…

Mais le mélange entre culture francophone et anglophone est un véritable bonheur au quotidien dès qu’on sort des débats parfois absurde sur la loi 101 (et si le terme « loi 101 » vous dit quelque chose, alors vous savez exactement de quoi je parle).

Je ne sais pas si Montréal est une ville qui se visite réellement.

Mais elle se vit. Elle se vit même rudement bien.

La nature environnante est magnifique. Immense. Préservé. Aux portes de la ville. Aucune déception de ce côté là. La nature au Canada est probablement exactement comme vous vous l’imaginez.

La nature sauvage au Canada: exactement comme vous vous l'imaginez.

La nature sauvage au Canada: exactement comme vous vous l’imaginez. Aucune déception de ce côté là non plus.

Niveau professionnel, ce n’est pas l’extase complète, mais pas loin.

Les conditions de travail sont excellentes. Les équipes avec qui j’ai la chance de travailler sont motivés, dynamiques, hypercompétentes…Je ne fais plus que de la médecine. Ou presque. Terminé les interminables taches administratives. Je m’organise comme je le souhaite. A mon rythme.

Étant profession autonome, nous ne sommes pas sous l’autorité direct de l’administration de l’hôpital dans lequel nous travaillons. La différence au quotidien est palpable.

Les horaires des médecins sont en général de 8h30 à 17h. La garde commence a 16h.

Plus tôt le vendredi.

Et tout le monde trouve ça normal.

Les revenus étaient déjà excellents. Ils sont régulièrement revalorisés et viennent d’être augmentés d’environ 35% mi-mai.

Et tout le monde trouve ça normal.

Un médecin qui se tue à la tache, personne ne trouve ça normal.

On essaiera de l’aider, à comprendre, pour lui éviter le burn-out. Pour éviter qu’il fasse de la mauvaise médecine. Une des missions du college des médecins est la protection de la santé mentale de ses membres. Un exemple a suivre en France?

On prend plus de temps avec les patients. On en voit moins par jours. On est moins pressé. Je trouve le rythme bien différent de ce que j’ai connu en France. Je suis plus a l’aise avec cette « slow médecine ».

Vous l’avez compris, les conditions sont excellentes pour les médecins. Pas idyllique, pas parfaite. Mais on s’en rapproche pas mal. Surtout quand on vient de la France ou la situation, comme en témoigne le mouvement des pigeons, est de plus en plus morose et incertaine.

Pour ceux qui auront la chance d’exercer en milieu universitaire, la motivation des étudiants, les techniques innovantes pédagogiques et les moyens alloués à la recherches sont de grands motifs de satisfaction.

Alors oui, ça valait probablement le coup.

Des difficultés, il y en a eu. Pas mal. Tout n’est pas encore vraiment facile. Ne minimisez pas les difficultés de partir. Et celles qui vous attendent une fois sur place.

Une majorité d’expatriés reviennent, souvent déçu, dans les 5 ans.

Venez visiter le Québec avant, prenez y des vacances. En été, et peut-etre même (surtout) en hiver.

Ne faites pas tout ça sur un coup de tête, sans jamais avoir mis un pied au Canada, juste parceque vous trouvez la situation en France difficile, ou parceque ça serait mieux ailleurs.

Je ne sais pas si l’herbe est plus verte ici, mais en tout cas elle est sous deux mêtres de neige l’hiver.

Objectivement, la condition des médecins est certes meilleure ici, mais je ne suis pas sur que ça contre-balance réellement les difficultés de l’expatriation, si on n’a pas un projet global et personnel de venir vivre ici.

Prenez votre temps. Réfléchissez. Ne faites pas comme ces couples rencontrés au moment du départ, la résidence permanente en poche, qui partez pour vivre au Québec sans jamais y avoir mis les pieds au préalable. Et il y aura alors peu de chance que vous rentriez déçu.

Parce-que oui, tout bien pesé, ça valait le coup.

[Courrier des Lecteurs] Je suis généraliste avec une spécialisation en addictologie…que faire?

J’inaugure une nouvelle rubrique, le courrier  des lecteurs. Je reçois en effet pas mal de mail de personnes qui se renseignent sur les démarches pour venir exercer au Québec. Je répond TOUJOURS aux questions qui me sont posées, et vous pouvez me contacter à cet adresse:

blogmedecinquebec[at]gmail.com

N'hésitez pas à m'écrire.

N’hésitez pas à m’écrire.

Avec la permission de l’auteur, je publierais de temps en temps des mails qui peuvent donner de l’information pertinente pour vous tous.

Je commence par une question sur la médecine générale, qui est comme vous le savez maintenant, une des quelques spécialités ou il est encore raisonnablement possible de bénéficier de l’ARM pour venir exercer au Québec.

Bonjour Julien,

Je suis médecin généraliste français, diplômé depuis longtemps, et je pratique comme addictologue dans un centre de soins pour toxicomanes après avoir été diplômé de la capacité d’addictologie. Puis-je me faire recruter comme addictologue au Québec?

Merci.

Alors cher inconnu, malheureusement non, il n’est pas possible de se prévaloir de ces diplômes complémentaires qui font de vous des « généralistes-spécialistes ».

Que vous ayez un DU (Diplôme Universitaire), un DESC de type 1, ou une capacité, ces diplômes ne sont pas tout simplement pas reconnus par l’ARM. J’irais même plus loin en disant qu’il ne s’agit pas de l’esprit de l’ARM de recruter des généralistes pour faire autre chose que de la médecine générale.

Si vous êtes généraliste et après l’obtention d’un DESC vous exercer comme médecin du sport, allergologue, nutritionniste, angéiologue ou médecin légiste, vous saurez reconnu au Québec  uniquement comme généraliste. Les établissement qui vous recruteront ont surtout des besoins en médecin généraliste en fait. De cruels besoins.

De plus, durant votre stage d’adaptation, vous serez jugés sur vos compétences en médecine générale. Plusieurs candidats ont échoués car il s’agissait de médecins qui s’étaient éloignés de la pratique de la médecine générale depuis de longues années.

Pour les urgentistes, là aussi, vous serez reconnu comme médecin généraliste et non pas comme urgentologue (comme on dit ici). La médecine d’urgences au Québec est une discipline à part entière, qui dure 5 ans, et elle n’est pas inscrite dans l’ARM. Les médecins généralistes en établissement exercent le plus souvent dans 3 milieux simultanément: Unité d’hospitalisation, consultation et urgences.

Une petite exception cependant: les DESC de type 2 sont reconnus.

Si vous êtes généralistes avec un DESC de gériatrie, vous serez reconnu comme gériatre. Ça tombe bien, la gériatrie est une spécialité prioritaire. On a besoin de vous icitte.

En résumé, le Québec a besoin de médecins généralistes…généralistes.

Une modification importante dans l’ARM…Sale temps pour les spécialistes

Comme je prophétisais il y a un an quasiment jour pour jour, l’ARM et donc les possibilités pour les médecins de venir exercer au Québec se sont réduites drastiquement aujourd’hui.

Il y a un an, il y avait 6 spécialités en auto-suffisance et il avait été annoncé qu’il n’y aurait plus de recrutement dans ces spécialités.

Le gouvernement vient d’annoncer que la plupart des spécialités étaient aujourd’hui en auto-suffisance et ne publie plus que les spécialités qui sont encore en besoin. Cette liste est amenée à se réduire au fils du temps.

Le gouvernement considère que les postes actuellement disponibles vont tous être comblé par des jeunes médecins québecois qui viennent de terminer leurs formations.

Sale temps pour la plupart des spécialistes qui voulaient bénéficier de l'ARM...

Sale temps pour la plupart des spécialistes qui voulaient bénéficier de l’ARM…

Pour l’ARM, Il vient d’être annoncé que les frais du stages (13000$) et les frais administratifs du CMQ (800$) ne seraient plus prise en charge par le gouvernement si votre spécialité n’est pas dans la liste des disciplines prioritaire.

Au total, en plus du fait de ne pouvoir être rémunéré pendant le stage de 3 mois, il vous faudra débourser plus de 10.000€ juste pour passer le stage. Sachant qu’en plus votre recrutement par la suite sera loin d’être assuré, voir carrément improbable, il est clair que très peu (pour pas dire aucun) de médecins « non prioritaires » ne se lancera dans l’ARM au vu des contraintes financières et de l’incertitude totale de pouvoir exercer même avec l’obtention d’un permis d’exercice.

La liste des disciplines encore jugées prioritaires sont donc:

  • Anatomo-pathologie
  • Chirurgie plastique
  • Dermatologie
  • Gériatrie
  • Hématologie
  • Médecine de famille (omnipratique, médecine générale)
  • Médecine interne
  • Médecine physique et réadaptation
  • Oncologie médicale
  • Pédiatrie générale
  • Psychiatrie (incluant pédopsychiatrie)
  • Rhumatologie

11 disciplines encore ouvertes sur 29 que comprend l’ARM, c’est les deux tiers des spécialités qui sont aujourd’hui fermées.

Mis à part la chirurgie plastique, qui n’est pas inclue dans l’ARM et nécessite donc de passer l’EECMC, il n’y a plus aucune discipline chirurgicale jugée prioritaire.

Si vous avez la chance d’être dans la liste des prioritaires et que le Québec est dans vos projets, déposez rapidement votre dossier et faites le stage. La liste est amenée à se réduire encore. La psychiatrie et la médecine générale sont toujours en fort besoin, mais le recrutement est intense dans ces disciplines actuellement. Arrivera un moment ou TOUS les besoins seront comblés et les portes définitivement fermées. D’autant plus que le nombre de résident a été augmenté ces dernières années et de plus en plus de jeunes médecins vont arriver sur le marché.

Si vous n’êtes plus prioritaire, vos chances de pouvoir décrocher un permis sont compromises. Il vous reste une chance en cherchant un établissement qui acceptera de vous parrainer (et probablement de payer vos frais de stages), mais dans l’hypothèse ou cet établissement existe, il sera en région (très) éloigné, là ou les résidents canadiens finissants ne voudront pas aller. A vous de voir ce que vous recherchez comme vie en venant ici. Vivre à 7 iles ou en Abitibi comblera les amoureux de nature sauvage (en plus d’une rémunération très importante), mais pour ceux qui souhaitaient vivre à Montréal cela ne sera probablement pas possible pour le moment.

En tout cas si vous n’êtes pas prioritaire, je vous déconseille FORTEMENT de vous lancer dans le stage (et donc de l’assumer financièrement) si vous n’avez pas la certitude d’être recruté ensuite par un établissement. Trop d’incertitude persiste.

Reste la situation des médecins qui étaient prioritaires au moment de déposer leurs dossiers, et qui ne le sont plus actuellement. Devront-ils assumer financièrement le stage?

EDIT: Le collège des médecins vient d’y répondre: Pour les médecins ayant déposés leur dossier avant le 01/01/13, les frais sont pris en charge! Merci à Docteur H pour l’info!

Si vous êtes en attente de stage, il est urgent d’appeler le collège des médecins pour en savoir plus. Il est également urgent de démarcher les établissements pour vous trouver un PREM. Car votre place est loin d’être assurée dans le contexte actuel…

Devenir infirmière au Québec

Les médecins n’ont pas été les seules professions concernées par l’Arrangement de Reconnaissance Mutuelle des diplômes. J’inaugure une nouvelle série de billets qui résumera (bien plus brièvement que ce que je le fais pour les médecins!) les démarches et les opportunités pour les autres professions de santé de s’en venir au Québec

Bienvenue à Montréal

Depuis mi-2010, les conditions d’accès à la profession au Québec sont très largement facilités. Et cerise sur le Sundae (comme on dit ici), les infirmières sont classées en profession prioritaire, ce qui facilitera très largement votre immigration. Voici un petit résumé  des démarches à réaliser et quelques informations pratiques, si l’aventure vous titille sous la blouse…

Alors pour faire votre demande d’équivalence, il y a quelques pré-requis:

  • Être diplômée d’une IFSI Française.
  • Être diplômée depuis moins de 4 ans OU avoir travaillé au moins 500h (ou 6 mois) lors des quatre dernières années si vous êtes diplômée depuis plus de 4 ans.
  • Être inscrite au conseil de l’ordre infirmier en France (je vous vois déjà sourire).
  • Remplir tout une série de formalités administratives. Récupérer ses diplômes, diverses attestations, les faire certifier conforme, la routine de l’expatrié…

Vous devez ensuite signer un contrat avec un établissement au cours d’un entrevue de « sélection » .Si vous avez un parcours typique, l’entrevue de sélection  se résumera à vous supplier à genou de signer votre contrat d’embauche (tant le manque d’infirmière est problématique au Québec). Si vous avez un parcours plus atypique, il est possible qu’on pose des questions cliniques pour évaluer grossièrement vos connaissances. Votre motivation et votre connaissance  du métier d’infirmière au Québec seront également questionnées.

Il y a trois possibilités pour signer un contrat:

  • Se rendre au salon de recrutement qui a lieu deux fois par an en France à Paris (3 jours en octobre et 3 jours en mai en général). Des représentants de beaucoup d’hôpitaux sont présents. Vous pourrez signer dans l’établissement qui vous intéresse ce qui lancera les démarches.
  • Se rendre au Québec directement et contacter les hôpitaux qui se feront un plaisir de vous rencontrer.
  • Faire l’entrevue par Skype. C’est la voie la moins usité, les recruteurs préférant les entrevues directes.

Dans tous les cas, il est indispensable de communiquer le plus tôt possible avec Recrutement Santé Québec, qui est l’organisme qui vous guidera tout au long de votre projet.

Vous pouvez gagner du temps et faire dès à présent la demande de visa permanent, si vous avez pour projet de rester plusieurs années au Québec.

Vous devez ensuite réussir un stage d’adaptation d’une durée de 75 jours.

Ce stage se passera dans l’hôpital qui vous aura embauché et vous serez payé normalement. No stress, il s’agit là de vous adapter à une pratique différente de la pratique française, en douceur, puisque vous suivrez une infirmière durant votre adaptation.

Le stage se passe dans un service de médecine ou de chirurgie, mais il semble qu’il y ai des aménagements possibles, notamment pour les infirmières se destinant à un service en psychiatrie (qui feront donc leurs stages en psy).

C’est long pour venir?

Comme je vous le disais, la profession d’infirmière est une des rares classés « prioritaires » au Québec (les médecins ne le sont pas), et vos démarches seront accélérées: une fois les démarches initiées et les formalités administratives remplis, vous pouvez y être en 6 semaines si vous le souhaitez. Mais d’une manière générale, faites les démarches tôt, même si vous comptez partir dans plusieurs mois. Vous pourrez alors signer votre contrat  avec la date de début souhaité.

Et mon conjoint dans tout ça? Et mes gosses?

Votre conjoint peut évidemment vous suivre. On parle de conjoint si vous êtes marié, ou si vous êtes conjoint de fait: vous devez prouver que vous vivez depuis au moins un an ensemble (compte commun, bail aux deux noms, etc). Le PACS n’est pas reconnu.

Votre conjoint bénéficiera d’un permis de travail « ouvert », c’est à dire qu’il peut travailler ou il le souhaite. Il n’est pas lié à un endroit précis, contrairement à vous.

Concernant les gosses, première chose n’utilisez pas ce mot au Québec. Enfin pas dans le sens ou vous l’entendez habituellement. Sachez que les « gosses » sont ici les « testicules ». Faites attention si vous claironnez à vos amis que vous devez aller amener les gosses à la piscine. Vos enfants pourront poursuivre leurs études sans aucun problème au Québec, qui est réputé pour la qualité de ses écoles.

Vous aurez bien sur accès aux soins (qui sont gratuit au Québec), à une assurance médicament,  aux garderies à 7$ par jour (si vous en trouvez une), et à tous les avantages sociaux des québecois. Pour les futurs parents, sachez que le congés maternité est de UNE ANNÉE au Québec. Que l’on peut répartir entre les deux conjoints. Et oué.

Et le travail dans tout ça? Je vais gagner combien?

Il y a des bonnes et des mauvaises nouvelles.

Je commence par les mauvaises:

  • Pendant les 2 premières années, vous serez probablement en horaire de nuit. 16h-minuit, ou minuit-8h.
  • Vous ne serez pas prioritaire pour choisir vos vacances
  • Il y a moins de vacances qu’en France (comptez 3 semaines, plus les fériés). Ça augmente avec l’ancienneté. Il est possible de prendre des congés sans solde.
  • Il est possible que vous soyez affecté au « pool », cela dépend des hôpitaux, c’est à négocier au moment de l’embauche.
  • Vous ne pouvez travailler qu’en établissement de santé (pas de libéral).

Les bonnes nouvelles:

  • Votre ancienneté française est reprise pour calculer votre salaire.
  • Les salaires sont corrects, meilleurs qu’en France.
  • Le travail est stimulant, intéressant, dynamique, aux normes nord-américaines, même si les infirmières sont tenus d’écrire beaucoup dans les dossiers (obligations médico-légales…)
  • L’ambiance à l’hôpital est détendu, égalitaire, on ne sent pas la hiérarchie avec les médecins. Le rôle de l’infirmière est valorisé.
  • Vous pouvez choisir l’endroit que vous souhaitez! Pas de barrière à l’installation.

Les salaires sont correct? C’est à dire?

il existe 12 échelons, chaque échelon correspond à une année. Si vous avez 6 ans d’ancienneté en France, vous serez donc échelon 6 en arrivant.

Les salaires données sont SUPER NET, c’est à dire que c’est un salaire mensuel tout impôts payés. Il comprend votre impôts sur le revenu, votre mutuelle complémentaire, votre retraite, votre assurance chômage, maladie, invalidité etc. Il est donné au taux de change du jour. Multipliez par 1.27 pour avoir le salaire en dollar canaden. Sachez qu’on est payé toutes les deux semaines.

Échelon 1 1805€
Échelon 2 1848€
Échelon 3 1898€
Échelon 4 1950€
Échelon 5 2000€
Échelon 6 2044€
Échelon 7 2105€
Échelon 8 2163€
Échelon 9 2230€
Échelon 10 2280€
Échelon 11 2350€
Échelon 12 2410€

A cela s’ajoute diverses primes, mais il faut savoir que les primes sont moins fréquentes et importantes qu’en France. Globalement vous gagnerez en valeur absolue mieux votre vie qu’en France, et en valeur relative vous gagnerez encore plus, car le niveau de vie est moins cher au Québec. Surtout concernant des gros postes de dépenses comme l’immobilier ou les transports. Je vous renvoie à mes précédentes notes sur le sujet. Avec votre salaire, vous vivrez confortablement ici (plus qu’en France).

Au final, les portes sont actuellement grandes ouvertes pour les infirmières françaises qui souhaitent tenter l’aventure du Québec. Vous ne viendrez pas ici pour des salaires mirobolants certes, mais peut-être pour l’extraordinaire qualité de vie, pour l’ambiance au travail, ou peut-être parce-que vous avez envie de découvrir en douceur un nouveau pays, une nouvelle culture, un nouveau mode d’exercice professionnel.

Que vous ayez le gout de vous installer dans une grande métropole comme Montréal, de vous installer en région au milieu des lacs et des foret ou encore à la frontière américaine, tout est possible. Il n’a jamais été aussi facile de venir au Québec pour les infirmières. Alors bienvenue (peut-être) au Québec!

EDIT: Je vous conseille de lire les précisions de Grim en commentaire, qui travaille comme infirmière au Québec.

Pour aller plus loin:

  • De nombreuses infirmières en cours de démarche ou déjà la-bas participent au forum immigrer.com
  • Trois blogs d’infirmier(e)s qui sont partis:

http://lesdrolinsauq….over-blog.com/
http://notrerevequeb…s.over-blog.com
http://gregoquebec.skyrock.com/

[La photo du jour] Le Parc de Forillon

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Le parc de Forillon est considéré comme le plus beau parc du Québec, et un des plus beaux du Canada.

Le Forillon se mérite. Isolé, loin de Montréal, il est l’aboutissement d’un périple routier de près de 1000km qui vous mènera à l’extrémité de la fantastique péninsule de la Gaspésie.

Le forillon est à 1000km de Montréal

Sa situation est exceptionnelle, là ou le Saint-Laurent et l’Atlantique se rejoigne. Il est formé de grandes falaises, de paysages maritimes, de plages, de montage de forêt et de dunes.

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Il est un des parcs les plus denses en Ours Noir et vous en verrez très probablement. Je me suis retrouvé nez à nez avec ours au détour d’une randonnée. Rassurez vous, l’ours n’a pas été blessé lors de cette rencontre.

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La baie est riche en Baleine, notamment baleine bleu. Un « must see », si vous n’avez pas encore eu la chance de faire une sortie aux baleines du côté de Tadoussac.

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On ne vas pas au Forillon tous les jours. Ça sera une étape d’un voyage qui passera par le Parc du Bic, Cap-Chat, Gaspé, Perçé et l’incroyable île Bonaventure, sans oublier la baie des chaleurs, qui n’a de chaleur que de nom. Mais je vous raconterais ça une prochaine fois.

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Le stage d’adaptation: le préparer, y survivre, le réussir.

Comme vous l’avez compris si vous avez lu attentivement ce blog, la partie la plus difficile du processus d’immigration concerne le stage d’adaptation. Je vais essayer de vous décrire au mieux le déroulement moyen du stage et de vous donner quelques conseils pour le réussir. Il faut savoir que les échecs sont possibles, bien que rare. Bien cerner les causes d’échec permettra de maximiser vos chances de réussite.

Déjà, le terme « d’adaptation » est un terme particulièrement trompeur. Oui, le stage vous permettra de vous familiariser avec le système de santé québecois, mais cela n’est pas le premier objectif je dirais. Il ne faut pas se leurrer, il s’agit d’un stage D’ÉVALUATION qui consiste à vérifier si vous avez le niveau ou non.

Pendant le stage d’adaptation, vous serez évalué par un jury trié sur le volet.

Je pense que le terme « adaptation » est très « politique » et a été choisi au moment de la signature de l’ARM avec le gouvernement français. Alors même que les québecois n’avaient aucune exigence pour venir travailler en France, le terme « adaptation » sonnait alors mieux que « évaluation » pour les médecins français désirant aller au Québec. On parlait de stage d’adaptation concernant les médecins français, et de stage d’évaluation pour les médecins étrangers qui passaient par la voie du permis restrictif. En pratique, pour avoir vu dans le même lieu de stage et en même temps le stage d’un médecin français et d’un médecin étranger qui était sur la voie du permis « restrictif », c’est exactement la même chose!

En tout cas, du côté du collège des médecins, on parle maintenant de « stage d’adaptation à caractère évaluatif »…

Combien de temps je vais attendre mon stage? Est ce que je peux choisir mon lieu de stage?

Je vous renvoie à ma note précédente. Rien de bien neuf, comptez 18 mois d’attente si vous êtes généraliste, 6 à 8 mois si vous êtes spécialistes. Vous ne pouvez pas choisir votre lieu de stage bien entendu.

Un petit rappel sur le déroulé du stage

Le stage dure 13 semaines, dont une semaine d’observation. Certains médecins n’ont pas pu bénéficier de la semaine d’observation et ont été directement lancé dans le grand bain. Cela dépend fortement de l’organisation du stage: si votre stage est organisé en 3 périodes de 1 mois avec 3 médecins différents, il y a fort à parier que vous n’aurez pas de temps d’observation. L’organisation du stage est à la discrétion du maitre de stage: on a vu de tout à ce sujet! Vous pouvez passer les 13 semaines avec lui, il peut vous organiser un stage à la carte avec quelques semaines dans tels ou tels services… vous pouvez aussi tourner entre différents médecins, tous les mois, toutes les semaines ou tous les jours!

Une constante néanmoins: vous devez à priori être évalué dans 3 situations: en consultation externe, en unité de soins, et à l’urgence. Vous aurez donc des gardes, soit tout au long du stage (par exemple on a vu des stages avec une garde par semaine), soit uniquement durant votre période à l’urgence.

En résumé, il y a autant de stages que que de maitres de stage différents. Le maitre de stage a tout loisir d’organiser le stage pour vous évaluer. Il va donc de soi que certains stages sont plus « durs » et « exigeants » que d’autres. C’est un peu la loterie à ce niveau. Sans généraliser, les stages qui se déroulent en milieu universitaire sont souvent plus exigeants.

Une bonne préparation pour le stage peut se révéler utile. Mais n’exagérer pas quand même.

La journée type du stage d’adaptation, à quoi ça ressemble?

En fait vous vous calquerez sur les horaires du maitre de stage. Comparativement à la France, on commence un peu plus tôt, et on termine un peu plus tôt également. La journée commence entre 7h30 et 8h30, et se termine entre 16h et 17h. Certains stages, plus intense, vont de 7h30 à 18h. En général, la garde de nuit commence à 16h. La pause déjeuner est fortement raccourcie, entre 30min au self à 5min avec un sandwich en dictant une note (cas le plus fréquent je dirais). Le vendredi, on termine un peu plus tôt. Quand le maître de stage est absent, il vous donnera probablement également congés, vu que vous êtes sous sa responsabilité directe.

Qu’est ce que je fais durant mon stage? Comment suis-je évaluer?

Déjà, rappelons que vous avez un statut « d’interne », donc le nombre de patients que vous verrez dans la journée sera moindre. La charge de travail est donc probablement moins importante que ce vous faisiez en France. Si vous avez la chance d’être en milieu universitaire, vous serez avec des internes (qu’on appelle ici des résidents), et vous aurez le même volume de travail qu’eux. Par contre, vous devez avoir au minimum le niveau d’un résident de dernière année, si vous êtes avec un résident de 2 ou 3eme année qui est meilleur que vous, l’évaluation risque d’être cruelle.

Il y a globalement deux façons d’être évalué.

En milieu universitaire, la plupart du temps vous travaillerez sous l’observation directe du maitre de stage: vous ferez votre consultation devant lui. C’est ainsi qu’ils évaluent les externes et les résidents, et donc il y a fort à parier que vous aurez droit au même traitement. En psychiatrie, vous faites votre entretien avec le maitre de stage (et parfois avec d’autres médecins derrière vous pour vous évaluer!), quand vous avez terminé le maitre de stage complète en posant quelques questions. On fait sortir le patient. Et ensuite on est interrogé sur: Quel est le diagnostic? Quel est le plan de soin? Quelle est la médication? La surveillance? Le suivi? Et cela pendant 13 semaines! Autant dire qu’avec peut-être 150 à 200 entretiens évalués au cours du stage, on ne peut pas tricher sur le niveau de compétence…A cela s’ajoute souvent des questions plus académique au détour des discussions cliniques, pour évaluer votre niveau de connaissance, sur les médicaments, la sémiologie, la physio-pathologie…Vous l’avez bien compris, certes vous vous adapterez par la force des choses, mais vous êtes avant tout ici pour être évalué!

Une deuxième façon d’être évalué, un peu plus cool, consiste à se faire attribuer quelques patients. Au cours de la journée, vous ferez votre rapport au maitre de stage, qui s’assurera que les patients soient bien cadrés, répondra à vos questions, et reverra les patients si nécessaire. Lors de l’évaluation, le maitre  de stage interrogera dans tous les cas les différents membres de l’équipe (autres médecins, infirmières, travailleuse sociale) pour juger de votre compétence et de votre intégration.

En pratique je  suis noté?

Absolument. Plusieurs critères sont évalués:

  1. Recueil et utilisation des documents et des renseignements cliniques
  2. Connaissance clinique
  3. Habilités techniques liés à la spécialité
  4. Efficacité à gérer l’urgence
  5. compétence de consultant

Chaque critère est noté 1 (n’a pas le niveau attendu), 2 ( a le niveau attendu), ou 3 (dépasse le niveau attendu). Globalement, une note de 1 est éliminatoire et vous fera rater votre stage. Le maitre de stage doit ensuite répondre à 3 questions:

  1. Le stagiaire a t-il le niveau d’un résident qui vient de terminer son internat?
  2. Peut-il exercer comme médecin au Québec?
  3. Préconisez vous la délivrance d’un permis d’exercice?

Là aussi, une réponse « non » et votre stage ne sera pas validé. Vous avez au moins 2 évaluations (un à 6 semaines et une à 13 semaines), mais parfois plus (il n’est pas rare d’avoir une évaluation mensuelle). Si vous côtoyez plusieurs médecins, chacun pourra remplir une évaluation, ou alors il pourront voter et décider de manière collégiale votre évaluation.

Pourquoi peut-on échouer au stage?

Comme vous le savez, il existe un risque d’échouer le stage. Ce risque est plus élevé pour les généralistes que pour les spécialistes, ceci étant lié au fait que l’exercice de médecine générale en cabinet tel qu’on le connait en France est très éloigné de la pratique au Québec. Dans une moindre mesure les échecs ont aussi concernés des généralistes « spécialistes » qui  faisaient de l’allergologie, de la médecine du sport ou de la médecine vasculaire en France alors qu’on vous évaluera ici uniquement sur vos compétences en médecine générale.

Passons en revue quelques difficultés et autres facteurs d’échecs:

Il faut avoir LE NIVEAU! Comme je l’ai dit, vous allez être évalué de manière précise, et vous ne pourrez pas tricher sur votre niveau, ni cacher vos lacunes. A première vue, le niveau requis, celui d’un interne qui vient de terminer sa formation, ne parait pas très élevé. Mais il faut considérer que pour certaines spécialités, l’internat est plus long qu’en France (4 ans de psychiatrie en France versus 5 ans au Canada), et que le niveau des résident est vraiment au meilleur au Canada! Pour avoir longtemps supervisé des externes et des internes en France, je pense que les externes de 5eme et 6eme année au Canada sont au niveau d’un interne 1ere année en France, et les résidents de fin de cursus au Canada au niveau d’un jeune médecin diplômé type chef de clinique. Tout ça pour dire qu’il est loin d’être évident qu’un jeune médecin français qui vient de terminer son internat soit au même niveau qu’un résident canadien qui vient de terminer le sien! Hors c’est le critère de jugement principal…Méfiance.

Il faut rester HUMBLE. Je dirais que c’est la qualité indispensable pour réussir votre stage . On vous demande de vous « adapter » à une pratique médicale. De faire comme les médecins québecois. Il ne s’agit pas d’importer votre pratique, de faire comme en France, en pensant que c’est la « bonne » façon de faire. La pratique médicale que l’on vous demandera sera probablement différente de votre pratique habituelle, ni moins bonne, ni meilleure. Il faut accepter de se remettre en question, et de changer ses habitudes. Il faut accepter de redevenir durant 3 mois un interne, qui doit « demander » à son maitre de stage, qui doit écouter, qui doit faire des taches ingrates d’internes, qui doit demander si il peut aller déjeuner, et qui doit faire comme on lui dit de faire. D’autre part, votre maitre de stage peut être plus jeune que vous, ce qui a pu causer certaines difficultés à des médecins de 40 ou 50 ans qui étaient redevenu les internes d’un maitre de stage 10 ans plus jeune qu’eux, et qui leurs expliquaient que non, ici on ne faisait pas comme ça, mais qu’ils allaient plutôt faire comme cela…Vous voyez le genre. Restez humble, faites comme on vous dit.

Les médicaments sont (un peu) différents: Des molécules existants en France n’existe pas au Canada, inversement certaines très utilisés ici sont inconnus chez nous…Les noms commerciaux sont le plus souvent différent (j’espère que vous prescrivez  déjà en DCI. Ca vous facilitera grandement la tache!). Les posologies peuvent être différentes, (Prozac max 60mg en France alors que le max est de 80mg au Canada), les indications peuvent être différente (le Bupropion dans le sevrage tabagique en France, dans la dépression majeure au Canada). Un temps d’adaptation sera nécessaire. Un peu de préparation en amont vous facilitera la tache, surtout si vous êtes généraliste.

Attendez vous à écrire des notes dans les dossiers un peu plus longue.

La façon de tenir le dossier est TRÈS différentes: De l’aveu du CMQ, il s’agit du principal écueil que peuvent rencontrer les médecins français. Le niveau d’exigence qui vous sera demandé pour la tenue du dossier est sans commune mesure avec ce qui se fait en France (Pour des raisons médico-légales vous l’aurez compris). Pour faire un bref résumé, TOUT le raisonnement médical doit être inscrit dans le dossier (a quoi avez vous pensé? Comment l’avez vous éliminé? Pourquoi retenez vous tels diagnostics?) et cela est organisé de manière assez précise. Globalement une note comprend les grands chapitres suivants:

  1. Identification
  2. Motif de Consultation
  3. Antécédents pertinents (personnels, familiaux)
  4. Habitude de vie
  5. Histoire de la maladie récente
  6. Histoire transversale (si pertinente. En psy c’est souvent pertinent.)
  7. Examen physique ou mental
  8. Impression diagnostique
  9. Synthèse
  10. Plan de soins

Au final les notes sont longues (plusieurs pages), et le dictaphone va devenir votre meilleur ami car vous n’aurez tout simplement pas le temps de taper vos notes. Avec une temps important consacré au patient puis à la rédaction de notes, vous comprenez mieux pourquoi vous ferez de grosses journées mais que vous ne verrez pas tant de patient que ça. Pour vous donner une idée, en psychiatrie, voir un patient prend une heure et dicter la note 30 minutes. Au final on voit 5 à 7 patients par jours. Vous serez FORTEMENT évalué sur votre capacité à tenir un dossier. Un proverbe québecois populaire parmi les médecins dit: « Un dossier bien tenu est le signe d’un médecin compétent. Un bon médecin peut mal tenir un dossier, mais le plus souvent c’est l’affaire des mauvais médecins ». Vous l’avez compris, si vous tenez impeccablement vos dossiers vous avez de grandes chances de réussir le stage et d’être évalué positivement.

Il faut être COOL. Il existe un facteur aléatoire, non maitrisable, qui est la personnalité de votre maitre de stage. Si vous avez une « incompatibilité d’humeur » et que cela se passe très mal entre vous, il y a un risque d’échec. Malheureusement, ce cas de figure se serait déjà produit. Il faut être sympa, ouvert d’esprit, disponible, de bonne humeur…cela maximise vos chances, le facteur relationnel entre en ligne de compte. La plupart des maitres de  stages sont adorables, ils ont demandés à être maitre de stage, et il y a fort à parier que vous tissiez des liens privilégiés avec eux voir des liens d’amitiés. De votre stage peut aussi naitre des opportunités professionnelles…Il n’est pas rare qu’on vous propose de travailler dans votre lieu de stage…après tout ils ont pu voir de leurs propres yeux à quel point vous êtes formidable.

Bonjour! Je suis le nouveau stagiaire!

Est ce que je peux me préparer pour mon stage?

Honnêtement, la plupart des médecins qui ont fait leurs stages n’ont pas révisé particulièrement. Si vous voulez vous rassurez, vous pouvez acheter et potasser le CPS, qui est l’équivalent du VIDAL et qui existe en français. Les maitres de stage sont en général assez compréhensif sur nos difficultés avec les médicaments en début de stage et laisse le temps de s’adapter.

Il n’est pas question pour vous d’arriver et dès le premier jour de tout savoir sur le fonctionnement du système de santé: vous ne serez pas évalué sur cela et le maitre de stage est là pour répondre à toutes vos questions. Il est là pour vous enseigner le « fonctionnement » de l’hôpital, pas la médecine. Vous pouvez et devez donc lui poser la question: « J’ai une suspicion de pancréatite aiguë, quel est le chirurgien a appeler? Comment remplir un bon d’imagerie? » Mais vous ne devriez pas lui poser la question: « j’ai une douleur abdominale aiguë je fais quoi??? ».

Si vous estimez avoir quelques lacunes, comblez les avant de partir. Vous pouvez réviser les recommandations les plus récentes. Mais pas de stress, le mot d’ordre est: « Vous avez le niveau, vous êtes un bon médecin, pas de doute là dessus. Il va juste falloir jouer le jeu pendant 3 mois, accepter de faire l’interne et de réviser mes pratiques. Et tout ira bien. »

Combien me coute le stage?

Le stage n’est plus payant (13000$ d’économie, quand même) mais vous n’êtes pas rémunéré. Le stage a donc un certain couts, surtout que vous ne pourrez pas travailler immédiatement après. L’état de vos finances déterminera si vous allez devoir retourner en France après le stage. Il y a du pour et du contre, sachez, mais j’en reparlerais, que vos démarches d’immigration sont facilités si vous demandez un visa de travail (le vrai, qui sera de 3 ans) alors que votre visa de travail du stage sera toujours en cours. Si vous restez au Québec après le stage, votre premier salaire n’arrivera que 1 mois et demi AU MIEUX après la fin du stage. Il faut donc comptez au moins 5 mois sans salaire avec le stage. Si vous êtes dans la fonction publique avec un compte-épargne temps, il va servir à quelque chose.

Pour un cout estimatif, comptez:

  • Billet d’avion
  • Hébergement pour 5 mois: prix variable en fonction de si vous venez en famille, seul, du lieux de votre stage…Il vous faudra un logement meublé, temporaire, avec tout compris (internet etc), ce qui vous coutera plus cher. Si vous connaissez votre futur hôpital et qu’il n’est pas trop éloigné de votre lieu de stage, vous pouvez envisager un bail plus classique, moins cher, non meublé. Mais attention hors location temporaire les baux au Canada se signent pour 12 mois et il n’y a pas de possibilité de casser le bail. Soyez sur de votre coup.
  • Abonnement au transport en commun, voiture si nécessaire…
  • Assurance professionnelle
  • Assurance Santé, rapatriement…
  • Abonnement téléphone portable
  • Nourriture: le midi vous mangerez sur le pouce ou au self, pour le reste le prix de la  nourriture est du niveau de ce que l’on connait en France.

Au final comptez très approximativement 10000$ pour cette période de 5 mois pour une personne seule, sans voiture…Ajoutez les sorties, les week-ends pour découvrir ce beau pays, les habits d’hiver en fonction de la période de votre stage…Au total, le stage est un moment particulier qui se prépare aussi financièrement.

Le mot de la fin:

Il ne faut pas trop dramatiser le stage d’adaptation. Si vous êtes un bon médecin en France, vous serez un bon médecin au Québec et vous le réussirez. Restez humble. Jouez à l’interne n’est pas très agréable, mais ça ne dure que 3 mois. Il faut serrer les dents, la récompense est au bout. Et puisqu’il est obligatoire, voyez les bon côtés: il s’agit d’un apprentissage « en douceur » du système de santé québecois. Les médecins et les personnes avec qui vous travaillerez seront surement de belles rencontres. Vous serez peut-être en milieu universitaire, et vous côtoierez des résident et des externes avec lequel vous pourrez échanger, mais aussi enseigner…ils sont avides de savoir.

Tous ceux qui l’ont passés vous le diront: Ça a été (trop) long, ça a (parfois) été dur, c’était souvent stressant, mais au final c’était bien,  passionnant, enrichissant, et une occasion unique de rencontrer des médecins qui marqueront votre carrière.

Et, à la fin, le plaisir de lire son évaluation, de lire que l’on est un excellent médecin, tout à fait apte à exercer au Québec. Et vous aurez de quoi être fier. Car vous vous serez mis en danger, vous aurez accepté d’être évalué par vos pairs. Et vous serez allé au bout. Ça vaut le coup non?

Vous avez réussi votre stage? Vous voulez en parler? Faites le en commentaire! Je mettrais bientôt  dans les commentaires quelques témoignages glanés ça et là sur le stage.

Merci à Cyril, médecin anesthésiste ai Québec, qui devrait nous donner en commentaire ses propres conseils pour le stage!